jeudi 16 juillet 2009

"MAGIC PEOPLE, VOODOO PEOPLE !"


Vendredi 10 juillet. Un TGV aux sièges rouges et violets, direction Bruxelles, blindé de gamins. Première étape du week-end : Lyon. Le temps d’un café, du train de Steph en retard, de pages de magasine féminin, et hop, sauter dans un ter. Deuxième étape : Annecy. Paysage urbain qui laisse place aux montagnes et aux lacs clairs, et retrouver Cath et Laurie dans la petite gare. NIN en fond sonore dans la voiture, EZ3kiel sur les murs et les étagères, décor savoyard face au balcon, et discussions musicales jusqu’à un peu tard dans la soirée.

Samedi 11 juillet. Après une bonne nuit de sommeil sous les températures fraiches et un repas qui s’éternise autour d’un café, départ pour le centre-ville. Promenade touristique au bord du lac, photos souvenirs, conversations qui tournent autour de nos sujets cultes, découverte des petites rues piétonnes et un Coca bien frais à l’ombre d’une terrasse.

Et la troisième étape : Aix-les-Bains, et le festival Musilac. Quelques minutes de navette et une courte marche avant que nos billets ne soient scindés en deux. Les Wampas sur scène à notre arrivée, Où sont les femmes qui se dresse jusqu’à nos oreilles, mais se passer de la fin de leur set sans vraiment le vouloir et découvrir le site. Bracelet rouge autour du poignet, concours tirage au sort et point de rendez-vous.

Les Bombay Bicycle Club qui prennent le relais sur la seconde scène et resteront notre fond sonore le temps de faire le tour du festival. Atterrir devant le stand Fnac en attendant le rendez-vous reporté d’avec Ghinzu. Didier Wampas et son pantalon moulant rose à quelques mètres de nous, longue file de dédicaces qui s’égrène lentement et Didier qui s’attaque ensuite aux dizaines de personnes derrière les barrières, nous gratifiant chacune d’un baiser sur la joue. Distribution sommaire de pass pour Ghinzu, Steph qui en récupère un face à mon visage dépité. Quelques secondes seulement, le temps de me retourner et de sauter sur une jeune fille déçue tendant le précieux devant moi.

20h30, Gossip qui investit la scène de gauche, et les silhouettes belges à quelques mètres de nous. Regard tendu vers les écrans, le son qui nous parvient en attendant notre tour, petits déhanchés de rigueur, et coucou de Maman en t-shirt vert. Et puis John, Antoine, Jean, Greg. Les retrouvailles des deux côtés, leurs phrases cultes et leurs questions, le champagne et la famille, les sourires et les regards, les petits dessins au dos du pass, et la bise à Maman.

Se faufiler en vitesse au cœur de la foule devant Gossip, s’infiltrer entre les rangs pour gagner une meilleure place. Partager les regards entre la scène et les écrans. Le guitariste et sa chemise conceptuelle et Beth qui capte toute l’attention dans sa robe à fleurs. Sa voix qui s’élève entre les arbres, son aisance et son énergie qui portent le public, sa descente de scène et son bain de foule. Standing In The Way Of Control qui marque l’approche de la fin du set, et notre remontée à contre-courant vers le stand de hot-dog.

Pause dans l’herbe durant Camille et son set qui nous semble bien trop long. Petit incident au goût de poivre et voyage forcé dans la moitié du festival. Le son qui se tait, notre avancée vers la scène qu’elle vient de quitter, un aperçu de t-shirt vert avant que le rideau ne se ferme, et nos fesses posées au deuxième rang.

23h00. The Prodigy sur la scène à notre gauche et sur les écrans au-dessus de nos têtes. La foule immense à quelques dizaines de mètres de nous, mais notre place presque idéale pour apercevoir le groupe se déchainer. Alterner les instants où l’on se laisse emporter par le show en tous points hypnotisant et les moments de calme en prévision du concert suivant. En prendre tout de même plein les yeux et les oreilles, sentir le son lourd parcourir le corps entier et les basses le pénétrer, et l’envie de se joindre à la foule vibrante, hors de tout contrôle.

La nuit bien installée lorsque le son se tait et que la foule s’éparpille, laissant quelques adeptes rejoindre les rangs derrière nous. Les mains sur la barrière, prête à les recevoir, prête à les entendre, prête à vibrer avec eux pour ma septième fois cette année.

00h35. Ghinzu. L’ancienne intro Star Wars qui retentit, façon clin d’œil à la tournée Blow. Setlist classique qui suit et les morceaux qui s’enchainent mais bien trop vite, mon corps qui gagne le premier rang et se libère, nos belges qui m’hypnotisent comme ils savent le faire et l’esprit qui se déconnecte du monde réel. Le groupe joyeusement très à l’aise sur la scène, la communication exceptionnelle avec le public, l’énergie qui monte jusqu’à l’orgasme, et ce truc spécial qu’ils libèrent de morceau en morceau. Le costard de Greg, le regard de John vers nous, le blouson de cuir de Jean qu’il ne doit jamais enlever, le plaisir unique de retrouver Mika et sa classe exceptionnelle, les frappes déterminées d’Antoine qui quitte bien vite sa capuche et ses manches longues. Les larmes incontrôlables sur The Dragster Wave, nos deux seules voix hystériques sur les refrains de Chocolate Tube, John qui s’étale par terre durant Kill the Surfers, la frénésie aux premières notes de Blow et les souvenirs marseillais sur Mine, John qui s’allonge sur scène, John encore qui la quitte pour se joindre à nous, sa main dans la mienne pendant quelques secondes, Maman qui vient à son secours bien souvent, et la culte montée sur le clavier qui ne se verra assistée d’aucun secours. Les petits défauts qui font tout, les phrases-clefs et les regards entre ZDP, nos voix qui chantent et hurlent et montent en chœur, ce bonheur extatique qui nous électrise, le corps qui s’agite et saute à s’en épuiser, les coups de coude douloureux dans les côtes offerts par mes voisins immobiles, mais rien qui ne m’arrête, profiter de chaque seconde de cette grosse heure offerte ce soir sous les étoiles.

[…]

Birdy Nam Nam un peu plus tard, regarder les lumières s’agiter, puis les yeux fermés se laisser emporter par le son. La nuit qui file et le temps de rentrer. Le regard dans le vague, les souvenirs qui se forgent et les images de la soirée qui repassent en boucle, sourire idiot collé aux lèvres.


Ghinzu : Intro "Star Wars" / Mother Allegra / Mirror Mirror / Dream Maker / Cold Love / Take It Easy / The Dragster-Wave / 21st Century Crooners / Do You Read Me? / Chocolate Tube / Kill The Surfers // Blow / Mine.


[ photos ]

lundi 6 juillet 2009

VALÉRIE VALERE, OBSESSION BLANCHE.

« Silence... Silence obsédant dont l’éclat jaillit dans l’ombre de la nuit comme une seconde accusation. Blanc, couleur morose qui ne dit que l’absence, qui ne dit que l’attente et ne parle que d’oubli. Mémoire infidèle dont les doigts tâtonnent sur l’horizon immense d’un univers désormais insaisissable sans jamais en retrouver le chemin. »

« Le bruit régulier du tic-tac emprisonne son esprit. Il voudrait ne plus avoir à réfléchir, ne plus avoir à crier dans le silence de son angoisse, ne plus sentir la présence méfiante et farouche de ces feuilles qui toujours attendent quelque chose de plus grand. Il aimerait ne plus vivre ou vivre dans une sorte de néant qu’aucune voix ni aucun regard ne pourrait atteindre, vivre dans une mort prématurée qui lui livrerait le mystère de sa profondeur tout en le libérant de sa prison d’oubli. »

« Peut-être s’est-il égaré dans le labyrinthe d’une nuit à force de chercher en vain la seconde partie de lui-même. »

« Rues désertes, odeur étrange de la nuit, impression d’oubli qu’apportent les errances sans voyage. Ils ne parlent pas. Ils s’observent furtivement de temps à autre comme pour s’assurer de leur présence, liés par un accord tacite lancé dans leur silence. Gene sourit à l’enfant qu’il vient de retrouver. Un enfant qui s’était perdu et qu’un homme attentionné à adopté. Il s’occupe de lui, s’inquiète de lui et l’emmène loin de sa douleur... Il se complaît dans cette sensation grisant puis essaie brusquement de se révolter : "Tu deviens vulnérable, fragile..." »

« Il se laisse aller dans ses bras, réconforté par cette chaleur, enivré par cette tendresse. Une main se colle sur sa taille, un sourire lui parle, un regard l’écoute. Il donnerait n’importe quel mot pour que ce moment dure toute une vie. »

« L’eau lui gifle le corps. Rageusement, il frotte sa peau au gant de crin comme pour faire partir les traces du contact physique. Méthodiquement, énergiquement, il frotte, n’arrête plus de frotter mais les plaies provoquées par les caresses deviennent sans cesse plus douloureuses. Elles s’élargissent, s’agrandissent, s’étalent, son corps n’est plus qu’une immense blessure envahie de pus et de sang. Il sent encore les mains prestes de l’homme sur sa peau, il voudrait les chasser, les écraser et les détruire mais elles se sont blotties sous son derme et courent en tous sens ainsi qu’une fourmilière grouillante, insectes de sa mort qui peu à peu le rongent... Il tourne le robinet bleu, un jet d’eau glacée le suffoque mais qu’importe, il lui faut anéantir ce souvenir. De plus en plus furieux, il recommence à frotter en partant des pieds et en remontant jusqu’aux épaules. Il tremble tout en s’acharnant à se meurtrir davantage, pas un millimètre carré de sa peau ne lui échappe mais l’image de son corps imbriqué dans celui de l’homme est toujours là, devant ses yeux... Et il n’y a plus que cette image, cette unique image. Elle est partout ; sur le rebord du lavabo, sur la surface beige du gant de crin, sur l’émail de la baignoire, dans les gouttes d’eau coulant sur sa peau... Cette image, sur le plastique rouge du robinet... D’un geste nerveux, il le tourne et aussitôt un jet bouillant le frappe en plein visage, milliers d’aiguilles qui le défigurent... »

mercredi 1 juillet 2009

"JE SURVEILLE LES PANNEAUX BLANCS POUR VOIR SI MAMAN VIENT S’ACHETER UN CHAPEAU."


Samedi 13 juin, 7h du mat’, tente et sacs sur les épaules, départ pour un week-end de péripéties diverses, direction le festival Skabazac dans l’Aveyron.

En quelques mots-clefs :

Temps caniculaire, champs déserts, mouches, B. Molko qui traverse la scène, verre souvenir, Greg Antoine et Mika, soleil de plomb, the Kebab of Destiny (épisode II), mecs complètement bourrés, Patrice tu gères, Juliette Lewis je t’aime, Ghinzu 1000 fois mieux qu’à La Musicale, musique de Skins et sprint, Suicidal Tendencies ta gueule, ciel étoilé, affiches décollées, autostop.


Ghinzu : Blow / Cold Love / Mirror Mirror / Dream Maker / Take It Easy / The Dragster Wave / 21st Century Crooners / Do You Read Me / Chocolate Tube / Kill the Surfers.


[ photos Juliette Lewis ]

[ photos Ghinzu ]

mardi 23 juin 2009

HE'S JUST NOT THAT INTO YOU.


"Why do women do this? Build up this stuff in their minds, take each little thing a guy does, and then twist it into something else?"

mercredi 10 juin 2009

"PRENDRE UN GROS CON PAR LA MAIN."


Jeudi dernier, Didier Super à Avignon, et c’était juste la classe, déjà parce qu’arriver à la billetterie et annoncer « j’ai une accréditation pour Stéphanie T., pour Live in Marseille », et recevoir la petite invitation en échange, ça faisait des années que j’en rêvais.

C’était dans un tout petit théâtre du centre-ville, le genre de truc pour 100 personnes, avec du velours rouge sur les strapontins. Bout du premier rang pour moi, photos obligent, un journaliste à mes côtés.

Pour la première partie, un belge nommé Daniel Hélin : chanson théâtrale, réalisme poétique, humour corrosif et bonne humeur à foison. Un genre de préparation en pointillé pour ce qui va suivre, suffisant pour chauffer les zygomatiques. Et une mention spéciale pour le riff de Nirvana.

La majorité de la salle a ensuite profité de l’entracte pour sortir prendre l’air ou se retrouver au bar, alors qu’avec les cinq ou six personnes encore assises autour de moi, nous assistions aux préparatifs de la scène et aux vas-et-viens non pas de Didier Super, mais bien d’Olivier et de son t-shirt du Brise-Glace.

Et après. Ben après, justement, ça ne se raconte pas. Un spectacle de Didier Super, c’est du tout et du n’importe quoi, surtout du n’importe quoi. Un mélange de blagues préparées et d’improvisation avec le public, au point qu’on n’en distingue parfois pas l’une de l’autre. Le tout porté par des chansons qui vont plus loin les unes que les autres, et nous montrent parfaitement l’absence totale de limite sans qui Didier Super ne serait plus le même. Plus d’une heure et demi à flipper que son regard s’arrête sur soi et décèle un petit quelque chose à dévoiler au reste de la salle. Mais surtout, plus d’une heure et demi de fous rires en tous genres.

Une heure et demi, sans compter le rappel, totalement et délicieusement désorganisé : un jeté de clopes généreux du public, Didier nous invitant à le suivre dans le jardin du théâtre, et les prémices d’une comédie musicale sur les coups de minuit, sans pitié pour les voisins tout proches.


[ photos ]