samedi 16 février 2008

"DESPITE ALL MY RAGE, I’M STILL JUST A RAT IN A CAGE"


Mercredi 6 février, gare de Lyon. Rapides retrouvailles avec Papaye en haut des escalators. M’éloigner de la gare à grand pas dans la nuit profonde. Les pelouses couvrantes de Bercy qui se profilent. Emotion souvenir. Images Indochinoises qui reviennent en mémoire. Les marches presque désertes. La douce agitation. La courte file tranquille. Un dernier muffin aux myrtilles. Quelques coups de téléphone, une dizaine de minutes, et mon compagnon de soirée qui se détache des arbres.

Billets passés électroniquement. Le merchandising florissant. Et la salle pratiquement vide devant nos yeux. 19h30.

Le côté droit pour une fois. La scène étrangement avancée. Bercy étonnamment dépeuplé. Le bois sur le sol. Les gens éparpillés. Discussions musicales. Concerts. Souvenirs. Envies.

Un peu plus de 20h. Les lumières qui baissent. Puggy pour commencer la soirée. Les yeux dans le vague et les pensées qui s’envolent. M’échapper pour passer le temps, sur fond musical lointain.

Lumière. Excitation. Noir.

Sur la pointe des pieds. Les yeux qui guettent le moindre mouvement. Et Billy Corgan sur scène. Le cœur qui chavire d’essayer d’y croire. Charisme impressionnant. Un être venu d’ailleurs. L’alien et ses compères en face de moi.

2h40 hors du temps. 27 chansons de montagnes russes. Voyage dans l’espace. Les baguettes de Jimmy qui résonnent jusque dans le ventre. L’intimité des acoustiques. La voix si caractéristique qui nous entoure. Les lumières colorées qui caressent la robe argentée, les costumes rouges et noirs. Les cordes en prolongement de ses mains. Les sonorités magiques.

Aucun relâchement. Ma bouche bée la plupart du temps. Hypnotisée. Emportée. Charmée.

Le plus hallucinant. Le plus bluffant. Le plus captivant. Le plus impressionnant. 2h40 inoubliables. Uniques. Inexplicables.


Les Smashing Pumpkins. Un mot. Un seul. Qui revient sans cesse. ENORME.

[...]

Un bar face à Bercy. Ben’ en face de moi. A ma gauche, un Florian, un Benoît, et une jolie blonde aux lèvres rouge sang. A ma droite, un Drew à l’accent d’outre-manche, et sa jolie brune. Une tournée offerte. Leurs ‘Enchanté’. Des phrases qui font rire intérieurement. Des piercings communs. Des phrases qui mêlent anglais et français. Une situation décalée et inattendue.

Les derniers métros. Le trop chouette petit studio. Retrouvailles avec les affiches, photos, piles de bouquins, étagères de cds, rangées de dvds. Et Roxy.

Le reste des garçons qui nous rejoignent. Crêpes banane-Nutella pour accompagner le poker, et les vidéos clips plus ou moins connus.

Se glisser dans les draps bien tardivement. Entourée de Brian, Stefan, Billy et autres compagnons de nuit.

[...]

Deux jours plus tard, quitter l’appartement vide pour le Zénith. Une journée d’attente au milieu d’un public particulier. Faire la queue avec mon converti. Retrouver les têtes connues. Un passage au Mc Do et au retour, des mots qui font plaisir, et la déception de la veille qui s’envole. Les 15h30 tant attendue. Le groupe que nous formons sur la gauche. Raph’ et Ben’ qui nous rejoignent. Changement de plan, traverser la foule, rejoindre l’autre côté, les backstages. L’attente sur le trottoir, Pauline qui arrive, le faux Jared, les discussions, les fous rires, le temps qui passe. Passer enfin les grandes portes, grâce à eux. Nous retrouver le long du mur, et les minutes qui défilent, la soirée qui s’approche, et nous toujours dehors. Les 18h qui arrivent, du mouvement, les portes et les couloirs de l’arrière du Zénith, le vide intimidant de la fosse devant nous et les vigiles qui nous guident vers les gradins. Les yeux fixés sur la scène, petites silhouettes qui s’en détachent, From Yesterday qui nous accueille. Quelques marches à monter, eux tout près de moi. A Beautiful Lie qui suivra. Quelques mots de Jared, sa demande à propos de la chanson suivante, nos cris, plusieurs titres du S/T qui fusent, Oblivion qui sort du lot. Rires sur notre accent, et puis les premières notes en acoustique. Souvenir de l’Elysée Montmartre, et d’un coup sans trop croire, le son lourd et nos cris de joie. Tomo sur une chaise, sa jambe blessée tendue devant lui. Notre enthousiasme pour le guitariste prodige. Jared vexé sous sa capuche. Quelques secondes seulement, et la sécu qui nous pousse vers la sortie. Résister, profiter, traîner les pieds, gagner seconde par seconde les notes de la chanson inespérée. Et puis le noir, et l’extérieur du Zénith.

[...]

Les premiers rangs avec Papaye, sur la gauche de la scène. SOMA pendant 20 minutes qui agite quelques groupies de 14 ans, et puis l’électro de Full Duplex qui nous fait nous demander ce qu’on fait là.

Un rideau blanc devant la scène. La pression qui monte. Et O Fortuna qui remplit le Zénith et éclipse tout le reste. A Beautiful Lie dans l’ordre, un bout de Pressure, et Buddha en rappel pour un peu plus d’une heure de show martien. Pas de grosse surprise. Setlist écourtée, Capricorn, Oblivion et d’autres supprimées. L’excitation du concert plein le cœur et le corps, mais malgré tout une légère déception. Ne pas avoir ressenti la magie qu’ils peuvent transmettre. Impression de ne pas avoir vraiment vu "mes" Thirty ce soir.

[...]

Et puis le week-end parisien, Papaye, la Défense, le Toys’r’us, William et Marine, les bruschettas, le Starbucks, le cappuccino au caramel, le métro, Raph’, la Fnac Digitale, Norky, les Mac, les câlins, le Mc Do, les photos, le Pizza Hut, le serveur pas douée, les erreurs de commande, les oublis, la grande pizza partagée, les fous rires, la fraîcheur de la nuit, les affiches décollées, la photo de Nanie-versaire, le premier appel, sa surprise vécue en direct, les heures de sommeil réparatrices, les premiers au revoir, nos retards à tous, Raph’, Pauline, la billetterie automatique, mon retour, les réducs, de nouveau un Starbucks, et Norky le petit dernier, la toute petite table, les yeux dans les yeux, mon wristband à son poignet, le labello rose, la soirée qui file, le dernier voyage en métro, la Gare de Lyon, les derniers aux revoirs sur le quai, ma tête contre la vitre et les yeux fermés sur leurs visages. Souvenirs en forme de sourires.


The Smashing Pumpkins : Porcelina of the vast oceans / Behold! The nightmare / Brind the light / Tonight, tonight / Mayonaise / Try, try, try / Superchrist / (Come on) Let's go! / Stellar / Perfect / Lily / The rose march / Today / Tarantula / Stand inside your love / Ava adore / Drown / Bullet with butterfly wings / 1979 / That's the way (my love is) / My blue heaven / The everlasting gaze / Cash car star / Daydream / Wound / United States // Don't mind / Cherub rock.

30 Seconds to mars : Attack / A beautiful lie / The kill / Was it a dream / The fantasy / Savior / From yesterday / The story / R_Evolve / Under pressure / A modern myth / Battle of one / Hunter // Buddha for mary.


[ PHOTOS SMASHING PUMPKINS ]

[ PHOTOS 30STM ]

mercredi 12 décembre 2007

"N'AVOIR JUSTE QU'UNE ENVIE, RESTER LA VIE EN L'AIR"


Mardi 20 novembre.
10h00. Les doigts agités sur le clavier. Bug. Panique générale. Résignation intérieure.
11h30. Une place dans mon panier. Mail de confirmation. J'y serais.

Vendredi 30 novembre.
15h00. La Poste. File d'attente. Recommandé. Billet bleu. J'y vais.

Dimanche 2 décembre.
11h01. Corail teoz. La rejoindre dans sa voiture. Maquillage et tatouage. Un mois à rattraper.

Toulouse Matabiau. La gare et le hall. Pause clope. Métro, changement, Ramonville. Coin désert. Excursion rapide entre les broussailles. Wild, voiture, son chez-lui. Leur plat de pâtes, le gâteau au chocolat, les verres de thé glacé. La terrasse au soleil, la piscine, et les canards.

Retour en ville, les rejoindre. La Prairie des Filtres. Pauline dans mes bras. Photos. Les arbres, l'eau, les rochers. Polaroïds. L'air frais. Les rues toulousaines. Les laisser rentrer pour mieux les retrouver plus tard. Un café au chaud. La nuit tombé, le froid, errance aux doigts gelés. Totom et la crêperie. Et leur retour. Rires et photographies. Bonheur instantané immortalisé. De nouveau la nuit, les rues et le froid. Et l'Ancienne Belgique, qui résonnent à nos oreilles indochinoises et doublement aux miennes. Goût de cerise. Dédicaces improvisées sur sous-verres personnalisés. Puis se quitter, pressés du lendemain. Retour chez lui, l'escalier de bois qui craque et la chambre de geek. Le coucher que l'on retarde mais le sommeil qui nous gagne.

Réveil difficile. Gagner la salle de bain en laissant leurs yeux fermés. Douche qui réveille doucement. Les rejoindre dans la pénombre et profiter encore un peu du lit. Et puis ses doigts sur les touches blanches et le réveil en musique. La hâte du soir-même aux notes du Troisième sexe. Petit-déjeuner au chocolat, peinture sur porcelaine et souvenirs du Japon.

Ramonville. Camille croisée sur la route. Le Bikini. 10h30. Eux trois et les dizaines de personnes déjà là. Le ciel rempli de nuages. Les fines gouttes d'eau qui tombent par moment.

Et une nouvelle journée d'attente. Retrouver nos habitudes et cette ambiance particulière, unique. Les visages connus, les remontées de la file, les Dragibus, les photos, les chansons, les souvenirs échangés, les coups de téléphone, les rires, les moments tous ensemble.

Nos hommes chargés du shopping. Reviennent les bras chargés de nourriture et des dvd trésors du jour. Le plastique arraché, l'autocollant conservé, et le bout des doigts qui se promène sur le carton. Indochine. Alice & June Tour. Le cercle qui rayonne de son rouge. Découvrir délicatement le boitier intérieur. Feuilleter le livret avec une précieuse légèreté. Un gamin au matin de Noël. J'en suis tombée amoureuse sans même l'avoir encore visionné.

Retour à la réalité. Les allers-retours à la voiture fleurie. L'appareil photo de rêve de Camille. L'attente derrière le grillage. Le passage à l'hôtel et les affaires empilées dans le sac. Jeff les bras nus. Les dizaines de minutes et les discussions passionnées avec Alain. Les chaussures pleines de boue pour les apercevoir derrière les lointaines vitres. Notre groupe qui s'agrandit au fil des heures. Les bracelets phosphorescents de Bercy. Son apparition surprise et le thermos de café. Les mains qui se réchauffent autour des gobelets. Le liquide brûlant et sucré au fond de la gorge. Notre harcèlement pour qu'il se joigne à nous. L'Aventurier nouvelle version et Sirka au téléphone. Le panneau publicitaire Echelon que je suis, emporté par Thirty qui sort de son portable. Deux voix de plus sorties de la foule, pour nous accompagner sur une ou deux chansons.

19h30 et la tension entre les rangs serrés. Entrée en petits groupes. Avancée dans le calme, pas de poussée. Notre tour. La place fétiche déchirée en deux, un coup d'oeil aux nouveaux produits promis, et la salle. Notre groupe en cercle sur le sol. Retour rapide aux merchandising pour le t-shirt spécial de ces cinq étapes. Les ballons colorés qui volent. La musique de fond différente. CSS. Et puis les notes qui résonnent en nos têtes comme le signal de tout. Les mains qui tapent. Impatience latente. On y est.

Belle et Sebastiane qui nous accueillent. Ceremonia qui suit et remplit la salle. L'univers des deux jeunes filles qui s'égrenne en musique. Les frissons sur la peau aux mêmes passages. Les phrases-clefs qui tournent la serrure du coeur. Les notes qui chatouillent le fond du ventre. Le plaisir toujours là pour certaines. Les quelques-unes qui manquaient depuis Montpellier. Les trop-entendues mais qui font ausi la magie de tout ça. Les jeux de lumières qui font sourire les yeux de fierté. Les couleurs qui flottent au-dessus de nos adorés.

Quitter le monde d'Alice & June le temps du Club Paramount. Garder le cap les doigts en l'air en accompagnant les Trois nuits par semaine. La surprise totale en montant Sur les toits du monde. Les cris de joie aux sons de Rock'n'Roll Queen et Spin me round. Et une fois de plus Talulla qui sonne la fin. La pression sur mon dos. A droite. A gauche. La barrière qui s'approche. Mes yeux vers la scène. Capter les dernières secondes. Jeff aux côtés d'Oli et nos cris pour lui. Une seconde plus tard, la tension qui redescent à mesure que la lumière blanche nous entoure. Les dernières notes vibrent encore dans nos oreilles, souvenirs irréels. Scène vide. Piano esseulé. C'est fini.

L'air frais à l'arrière de la salle. Nos visages derrière le grillage. L'agitation sur le parking. Tuer le temps et garder en mémoire. Photos. Vidéos. Des coups d'oeils vers l'intérieur. Lumières et mouvements incessants. Espoir. Les courageux dans le froid de moins en moins nombreux. Le portail et nos yeux qui s'ouvrent et se ferment à chaque passage. Nicola qui passe trop rapidement. Le code en cadeau. Le froid qui nous gagne. Une tentative échouée. Quelques silhouettes à l'étage.

Et les voilà. Une heure du matin, ou peut-être deux. Autour de la voiture. A quelques mètres. Oser entrer et nous approcher. Accueil souriant. Oli, Marco, Shoes, Boris, Matu. Juste pour nous. Trésor inespéré. Au bout de la dixième. Plus de quatre ans après le premier espoir. Entrer dans le rêve.

[...]

La voiture qui regagne l'hotel. Ma main sur son épaule. Nos sanglots liés. Dans mon sac, le polaroïd miraculeux qui cotoie le MERCI en lettres capitales, signé de leurs mains.


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jeudi 29 novembre 2007

"IS THIS FEELING BREAKING ALL THE LIFE I BUILT ?"


Un 27 novembre. Allongée sur mon lit. Une phrase en rouge sur l'écran. Message. Hollywood Porn Stars. Invitation.

Début de soirée. Un peu d'avance. Rockstore désert. Yeux qui se baladent sur les affiches. Faire les cent pas. Nous voilà trois. Mon avis sur les deux groupes de la soirée. Deux petites emos de plus. Les marches froides. 19h30, les barrières. Se lever. Moins de dix personnes. 20h, ouverture de la billetterie. Mon nom. Et entre mes doigts, l'invitation n°0001. Fouille rapide de mon sac, passer les portes. Et le Rockstore vide qui s'offre à moi. Retour chez moi. Traverser la salle, mon sac sur la scène. Et profiter des petites minutes seule ou presque dans ma salle mythique.

Une vingtaine de personnes présentes, moi seule à l'avant. 20h30, Quidam qui monte sur la scène. Retrouvailles. Souvenirs du Bataclan. Prestation pas vraiment meilleure. Mais rapide. Ponctuée de grands sourires du chanteur qui ne cesse de venir jouer en face de moi. 21h10, au revoir.

Une cinquantaine de personnes. Pas vraiment plus. Dans cette salle qui peut en contenir un millier. Ma solitude qui se trouve 3 compagnons de premier rang. Dont le photographe pro de la soirée. 21h30. Les 4 sur scène. Anthony en face de moi. Emotion. Tests de son, sortie, lumières, et ils remontent.

Setlist mêlant les deux albums et même leur EP. Energie débordante. Public restreint mais l'ambiance est là. Et sur la scène, ils se donnent comme si la salle était pleine.

La fête. Plus rien n'existe. Je ne vois rien d'autre qu'eux. Je ne ressens rien d'autre qu'eux. Je ne suis qu'avec eux.

Des photos dans tous les sens. Des lumières de rêve.

Une quinzaine de chansons. Et Anthony qui saute de scène. Se mêle à nous. Passe entre les audacieux des premiers rangs. Et lâche sa guitare, la rouge, ma préférée, à mon voisin de droite. Remplaçant judicieux. Pendant qu'Anthony, de retour sur scène, se joint à Ben, derrières les futs, baguettes aux mains, sourire aux lèvres.

Sortie de scène. Une ou deux minutes qui s'écoule, avant le rappel. Trois dernières chansons. Compliments d'Anthony sur le cadre qui nous accueille. Et la toute dernière.

Un au revoir au goût de trop peu. Mais les lumières qui se rallument déjà. Poser la main sur la scène. Une fiche de paroles. Et une setlist tendue gentiment.

Le temps de me retourner et ils sont déjà au merch'. Parler de Ghinzu, de Montpellier, des Solidays d'il y a 2 ans, ... Quête d'autographes, et ce seront des petites dédicaces qui me seront offerte. Ainsi qu'un badge, de la part d'Anthony.

Temps de partir. Petite photo souvenir pour la route. Echange de mail avec le photographe. Et mes ongles rouges qui gratteront le scotch pour récupérer une affiche fétiche.


Winona / Ben's dead / Money / Andy / Young girls / Hollybody / Jack Black / Islands / Diamond / The fugitive / Betty / Crimes / Actarus / Walking cash machine / I want you // Starwest / Dance rocket / There's a god.


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dimanche 18 novembre 2007

"SOLEIL FEROCE, PARTOUT. MALADIE ROSE A REFLETS ROUGES."


L’âme de Jack a débarqué sur la Fnac ce 17 novembre après-midi. Géant au cœur détraqué, incarné en ce boute-en-train d’un mètre soixante oh-pas-plus.

Arrivée une heure trente en avance. Forum désert. Petit tour entre les rayons. Reprendre ma place. Seule devant les portes de verre. Une ou deux personnes. Puis cinq. Huit. Quinze. Des dizaines. A ma gauche, présentoir rempli de disques et de livres. Aux couvertures noires parsemées d’éclats de rêves. Mon cœur qui bat de l’apercevoir près de l’entrée. Son costume élégant et sa désinvolture. Notes de musiques sorties de ses instruments. Sa voix sombre et ses yeux pétillants. Et les miens qui scintillent avant même d’entrer.

17h. Atterrissage sur une des chaises du premier rang. Face au micro. Le cœur à 200 d’impatience. Les joues rouges d’émotion.

Et le voilà. Notre Mathias. Survolté et incapable de rester immobile. Son regard planté dans le mien, ses mots qui m’appellent et nos rires qui se lient. La mécanique du cœur qui prend vie sur ses lèvres. Le livre dans ses mains. Les phrases qui résonnent dans mon thorax. Les lunettes d’un jeune homme qui zèbrent son visage. Les personnages qui défilent. Sa guitare sèche pleine d’autocollants et son ukulélé qui les accompagnent par trois fois. When the saints. L’homme sans trucage. Tais-toi mon cœur.

Sa sœur. Son père. Là dans le fond. L’interview et les questions de la professionnelle. L'élaboration du projet, l'écriture du livre, la composition de l'album, les invités-personnages. Puis le tour du public. Le cinéma. Tim Burton. Son doigt pointé vers moi. Tim... dans la salle... déguisé... fille avec un collier... Et mon visage pourpre.

Les dédicaces. Je suis tout près. Trois, deux, un... L’ouvrage magique que je lui tends. Son petit mot unique. Souvenir inégalable. Les mots qui sortent enfin de ma bouche. La question prévue depuis la veille. Montpellier et son absence sur la tournée annoncée. Et m’entendre répondre en forme de promesse pour l’été. Dionysos aux Arènes de Nîmes.

vendredi 16 novembre 2007

"A TALE BEST TOLD SOFTLY..."


Une semaine tout pile après le cap des 22. La nuit tombée, l’écharpe serrée autour du cou, et ma jupe courte surmontant mes Doc’. La seconde ligne, et l’arrêt un peu perdu. Trouver difficilement le chemin. Longer la route déserte. Pénétrer dans la résidence endormie. Un brin de lumière. Un soupçon d’agitation. Quelques petits groupes en pleine discussion, clopes aux lèvres. Tendre mon billet, passer la lourde porte, et gagner l’ambiance chaleureuse. La salle bondée. Baptême. Les yeux écarquillés. Détailler. Les affiches et les photos de concerts sur les murs. Le bar coquet. Les petites rondes tables de bois foncé, sur la gauche. Les marches de béton, en face. Les sièges de velours rouge, sur la droite. Le funambule de papier qui nous surveille d’en haut. Et la scène en contrebas. Le piano à queue.

Et la demoiselle sur laquelle les lumières sont rivées. Amélie. Petit bout de femme qui séduit la salle entière. Capture tous les yeux, toutes les oreilles. Fascinante. Sa voix douce et nos applaudissements.

La salle qui se remplit encore. Gagner quelques rangs. Appareil photo et téléphone prêts à servir. Les voilà. Ses cheveux blonds, sa démarche, son attitude effarouchée. Peter von Poehl. Premières notes. Premiers mots. Sourires. Celles que je connais, celles moins, et puis des nouvelles. Ses intermèdes et ses histoires au public. Un peu d’Elvis le temps d’une chanson. Et toujours son impression de ne pas vraiment être là. Sa pointe de timidité qui fait son charme. Son air détendu. Des coups de téléphone vers chez moi, d’autres vers là-haut en forme de souvenir nordiste. Partager ça avec eux. Ambiance. Douce. Feutrée. Intimité à caresser du bout des doigts. Groupe étonnant. Poser mes yeux sur leurs mains. Les mouvements plus ou moins rapides.

Rappel.

Terminer par "une de ses idoles"... Can’t get you out of my head.

Et le groupe qui quitte la scène. Seul encore sur scène. Le pianiste aux doigts de fée. Charger de nous raccompagner pour la sortie. Une vingtaine de minutes. La salle presque vidée. Mes clics dans tous les sens. Images captées. Au son des touches blanches.

Au coin du bar. Le stylo dans ses mains qui glisse sur le papier. Une dernière photo et quelques mots.


[ PHOTOS ]