jeudi 22 octobre 2009

"JE SUIS UN VOYAGE QUI ME RENDRA MON NAUFRAGE..."


Le coup de blues post-concert à la minute où le train a démarré. Aussi fort, ça faisait longtemps. Depuis eux, sûrement. Aussi fort, il n’y a qu’eux.

Ça s’est fait au dernier moment. Je ne tenais plus face aux comptes-rendus, aux photos, aux rencontres qui se faisaient sans moi, aux retrouvailles entre fans et avec le groupe. Alors j’ai craqué. Concert complet depuis des mois mais une place dénichée au prix d’achat, clic-clac de Marie réservé, et billet de train acheté.

Après de longues heures trop froides dans le train et un café bien chaud à la gare de Bordeaux, c’est un peu avant 7h que je suis descendue du tram, à côté de la patinoire. Pile en face des camions chargeant le matériel de ce soir, portes grandes ouvertes sur la salle juste derrière. Frissons. Un peu plus loin, j’ai rejoint sur les marches les tentes et les quelques silhouettes dessinées dans la nuit, c’était parti pour une journée d’attente. Fred est arrivée une heure plus tard, mon précieux billet dans son sac, et c’est en fin de matinée que Marie a décidé de se joindre à la file. En fin de compte, on a beau se plaindre de ses heures interminables dans le froid ou sous la pluie, des fans hardcores qui viennent de plus en plus tôt, des boulets et des groupies que l’on croise, des prises de tête parfois, ça me manquait. Ça, Cette ambiance particulière, les têtes connues qu’on salut à droite à gauche, les anecdotes échangées, les retrouvailles avec ceux pas vus depuis trop longtemps, les fous rires avec ceux qu’on ne connaissait pas une heure plus tôt, les partages de bonbons et gâteaux au chocolat, les allers-retours aux cafés environnants, les séances de maquillage, et juste cette sensation d’être parfaitement à sa place.

Dix minutes avant l’ouverture des portes, mes fesses étaient encore bien installées au sol et mes jambes avaient toute la place qu’elles désiraient. Au moment de la fouille, aucune poussée comme on a pu en connaître beaucoup, chacun tendant son sac sans mouvement d’hystérie. Et puis la course jusque vers la scène, une place au coin de l’avancée, entre Oli et Nicola, au deuxième rang.

Il y a eu encore un peu d’attente, et puis Asyl qui se sont avérés plus supportables que je ne le pensais, mais qui m’ont bien vite ennuyé ; j’ai décroché au bout de 3-4 chansons et j’en étais presque à faire ma liste de courses dans ma tête. Encore un peu d’attente encore, et les nouvelles chansons d’ambiance à apprivoiser. Et avec 5 minutes d’avance, le nouveau signal.

Je n’avais pas réalisé. Jusqu’à la première seconde, jusqu’aux premières notes et au nouveau rideau. Sûrement le fait que tout avait été précipité, que je n’avais pas eu le temps de me faire à l’idée, qu’il n’y avait pas eu le compte à rebours de jour en jour avec l’excitation qui monte. Et sans doute aussi cette appréhension depuis la sortie de l’album. Cette appréhension face aux nouveaux morceaux qui ne me plaisaient pas du tout aux premières écoutes, mais qui m’ont petit à petit apprivoisé tout en restant loin de mes préférées. Cette appréhension par rapport à l’Alice & June Tour, cette certitude personnelle que rien ne pourrait l’égaler, que rien ne pourrait être aussi fort, émouvant, bouleversant. Cette appréhension au regard de la nouvelle setlist sans trop de surprises.

Et finalement, ce concert-là. Où j’ai décollé sans même m’y attendre. Où tout m’est revenu en pleine face. Où je me suis souvenue que je les aime, et pourquoi je les aime. Où je les ai retrouvés.

Evidemment, rien ne sera aussi extatique que les notes de Soulwax précédent le show. Evidemment, rien ne sera aussi puissant que les petites filles et leurs tambours. Evidemment, rien ne vaudra une scène recouverte de pelouse et parsemée de fleurs. Evidemment, rien ne remplacera ces frissons à la montée en puissance de Dunkerque et Ceremonia, pendant Les Portes du Soir, à la vue de nos visages sur Punishment Park, ou en face de Crash Me et son clip. Evidemment, ces émotions resteront uniques.

Mais d’autres naissent. Différentes. J'ai vécu ce premier concert du Meteor Tour comme aucun autre de l’Alice & June Tour. Mais je l’ai vécu, et je l’ai ressenti, au plus profond. Comme avant.

IN. DO. CHINE.


Ouverture Republika Meteor / Go Rimbaud Go / Marilyn / Republika / Little Dolls / Play Boy / Punker / Drugstar / Le Lac / Le Manoir / J’ai Demandé à la Lune / 3ème Sexe (piano voix) / Tes Yeux Noirs (piano voix) / La Lettre de Métal / Un Ange à ma Table / Alice & June / Popstitute / Club Meteor (You Spin Me Round + Canary Bay + Les Tzars + Des Fleurs pour Salinger + Adora + Mao Boy) // June 2 / 3 Nuits Par Semaine / Junior Song / Bye Bye Valentine // L’Aventurier / Le Dernier Jour / Miss Paramount / Tom & Jerry // Je t’Aime Tant.


[ photos ]

mardi 13 octobre 2009

"YOU NEVER NEVER KNEW HOW THE HISTORY GOES !"


Vendredi dernier, avant de rejoindre Steph à Nice pour le week-end, j’ai profité de mon premier vrai pass photo. Autant pour Didier Super en juin, j’avais eu ma première accréditation, autant les conditions ne m’avaient pas permis d’en profiter au maximum. Mais là, vendredi, seule avec un appareil photo dans toute la salle, pass magique autour du cou, et doigts vissés sur l’objectif, je me suis sentie parfaitement à ma place pendant plus de 3 heures.

Le concert en lui-même, j’aurais du mal à en parler. Le Peuple de l’Herbe, au final, je connais très peu, je n’écoute quasiment jamais les albums, mais c’était la troisième fois que je les voyais en live, et à chaque fois je passe un excellent moment. C’est chouette à regarder, à écouter, à ressentir, qu’on connaisse ou pas. Leur énergie communicative, les jolies lumières, les ambiances différentes selon les morceaux, les personnalités diverses qui s’expriment, les instruments d’horizons éloignées qui se mêlent pour former un tout cohérent, le public carrément bouillant à en avoir un second rappel imprévu, avec tout ça y’avait déjà de quoi passer une très bonne soirée.

Alors à ça, il faut rajouter les bénévoles adorables de la salle, les membres des deux groupes jouant avec mon objectif, les sourires récoltés, l’obturateur qui crépite, le public me laissant accéder à n’importe quel coin de la salle, premier rang compris, l’appareil photo comme instrument magique permettant d’attirer vers moi les regards des musiciens, l’envie de capturer chaque seconde, chaque geste, chaque couleur, les traversées de la salle à la recherche du meilleur angle, le plaisir de ne pas se voir stopper après les 3 morceaux souvent réglementaires, la carte de 4 Go qui explose, et le sourire qui ne quitte pas mes lèvres.

[ photos ]

mardi 6 octobre 2009

"ARRETEZ DE VOUS REPRODUIRE. VOUS ETES DES ANIMAUX. VOUS ALLEZ CREVER."


Il y a 10 jours, c’était le Nouvel An Belge à Montmartre. Je zapperai le début du week-end avec l’arrivée de Steph chez moi, le voyage en train et notre après-midi parisien avec les garçons, même si c’était vraiment chouette tout ça aussi, pour aller directement à l’essentiel.

Après un apéro tardif et prolongé, c’est sur les coups de 23h qu’on grimpe les marches de l’Elysée Montmartre. Sur scène, Piano Club aux platines, derrière lesquelles je reconnais Anthony Sinatra des HPS. Ils sont 3 ou 4 à alterner leurs places, et leur set nous donne le temps de boire quelques bières, belges évidemment, tout en nous laissant nous imprégner du ton de la soirée.

Ils sortent de scène petit à petit et je tire les filles vers les premiers rangs avec l’espoir d’un visage connu à venir. Je ne me trompe pas, peu après c’est MVSC qui arrive pour chauffer la salle ! Coups d’œil vers Steph et excitation palpable lorsque Jean, pas vu depuis 2 mois, se place en face de nous. On reconnait certains morceaux et d’autres moins, on s’étonne de certaines notes piquées à Ghinzu et on profite de leur toute première date en France. Le set est énorme, les mecs sont énergiques, le mélange électro et rock est parfaitement dosé, le tout envoie encore plus de puissance qu’en version studio, la batterie et la guitare des deux frères font vibrer les corps ! Et bordel, voir 3/4 de Montevideo et Jean qui chante tout seul et pas juste pour les chœurs, c’est... fort.

Après une courte pause, il est déjà plus d’1h du matin, et ce sont les très attendus Vive la Fête qui enflamment la foule. Je connaissais rapidement version studio, sans vraiment adhérer ni détester, mais j'en avais tellement entendu à propos de leurs performances live que j'avais hâte de les voir enfin. Et en effet, ils emportent l’Elysée Montmartre et font monter la température à 1000 degrés en un rien de temps. La majorité du public (belge pour la plupart) est apparemment là pour eux, et tout le monde sa lâche complètement, ça saute et ça crie de tous les côtés, Steph s’aventure dans les pogos des premiers rangs et je ne tarde pas à la suivre. Sautant un peu partout et poussée de tous les côtés, c'était parfait à vivre comme ça.

Le temps de se rafraichir rapidement, de croiser Pierre W., et il est 2h13 tapantes, l’heure de cette "nouvelle année", le compte à rebours est repris par la foule pendant que des goodies aux couleurs belges sont jetés de scène, et enfin explosent les canons à confettis, des rouge, des jaune et des noir flottent au-dessus de nos têtes, tout le monte s’embrasse, les plus parfaits inconnus nous font la bise et un chapeau atterrit sur la tête de Steph.

Rapide apparition d’un sosie de Johnny Hallyday pour quelques chansons et je croise Mr Veste-en-cuir en cherchant les filles près du 3ème pilier. Grand sourire mythique et regards silencieux entre deux bises et une bonne année souhaitée, puis il s’échappe entre les rideaux noirs vers sa seconde prestation. Je retrouve les filles alors que nos très attendus John & Jean sont déjà sur scène et c’est en nous faufilant avec plus ou moins de mal que nous regagnons les premiers rangs. S’en suit un dj set de folie alors que les barrières s’offrent à nous : Prodigy, Mr Oizo, MGMT, Gossip, Ghinzu, Motorhead, Daft Punk, et d’autres morceaux légendaires s’enchainent, les corps se serrent et s’échauffent, la chaleur se fait suffocante, mes jambes ont de plus en plus de mal à me supporter et je crains de ne pas tenir le coup jusqu’au bout, mais je ne songe pas à m’arrêter une seule seconde, les yeux fermés ou bien plongés vers les leurs, je saute sans ménagement, mes bras remuant dans tous les sens et l’esprit complètement déconnecté. Le final sur Purple Rain m’achève, je finis entièrement trempée et totalement à bout de force, mais putain que c'était bon.

Ruée vers le bar pour essayer de nous remettre, au son des Waxdolls et des suivants que je ne suis que d’une oreille distraite. Regard dans le vague, j’aperçois quelques visages connus qui nous croisent, et lorsque je manque de m’allonger sur la table, je sors retrouver les fumeuses après une dernière bise à John.

Le reste de la nuit mériterait encore des dizaines de lignes, rien que pour raconter la recherche intensive de nourriture et le fight autour du poulet, ou évoquer le soi-disant étudiant en psychologie qui nous sort des trucs de magazines, mais c’est pas comme si ce genre de trucs nous arrivait TOUT LE TEMPS, voyons.


[ photos ]

jeudi 20 août 2009

P.S. I LOVE YOU.

- I don't mean to throw this at you, but what do women want? I can't figure it out. They want us to ask. They don't want us to ask. They want us to make a move, not make a move. They want us to be on bottom, be on top. Use hair products, don't use hair products. What do you people want?

- I'll tell you, but you have to promise not to say I told you.

- L... I swear.

- Because it's a sacred secret.

- Sacred secret.

- You ready? You sure?

- Yeah. I think so.

- Come here. [...] We have absolutely... no idea what we want.

mercredi 12 août 2009

ALDOUS HUXLEY, LE MEILLEUR DES MONDES.

« Je veux savoir ce que c'est que la passion, lui entendait-elle dire. Je veux ressentir quelque chose avec violence. »

« Parce qu'il avait tant de choses insensées, follement douloureuses, sur lesquelles il pouvait se surexciter. Il faut qu'on soit blessé, troublé ; sans quoi, l'on ne trouve pas les expressions véritablement bonnes, pénétrantes, les phrases à rayon X. »

« Le bonheur effectif paraît toujours assez sordide en comparaison des larges compensations qu'on trouve à la misère. Et il va de soi que la stabilité, en tant que spectacle, n'arrive pas à la cheville de l'instabilité. Et le fait d'être satisfait n'a rien du charme magique d'une bonne lutte contre le malheur, rien du pittoresque d'un combat contre la tentation, ou d'une défaite fatale sous les coups de la passion ou du doute. Le bonheur n'est jamais grandiose. »