samedi 27 mai 2006

"IN MY ROOM I WANT YOU HERE..."


Magique. C’était. Magique. Ce petit bout de femme féerique sur scène. Sa robe sublime que j’aurais bien voulu lui piquer. Ses chaussures dorées. Les grappes de fleurs blanches dans ses cheveux. Ses pommettes roses, ses yeux pétillants et son sourire coloré. Ses doigts minuscules sur la Fender bleue. Les animations dignes d’Alice aux pays des merveilles sur le voilage du fond. Le velours rouge. Les spots roses. Les musiciens tout droit sorti d’un conte. Le haut-de-forme comme celui d’un chapelier fou. Les instruments étranges. Le cadre aux petites lumières rouges. La cuve transparente remplie d’eau. Le piano qui trône majestueusement sur la gauche de la scène. Les petits bruits de tous côtés. L’oreille qui se tend pour percevoir chaque détail. L’eau. Le vent. Le feu. Le bois. Les fleurs. La glace.

Végétal en intégralité, sans aucune omission. Au détriment du premier album. Pas de Lise, de Dernier Lit, ni de Chanson de Toile. Mais tout de même Désert, I Wanna Be Your Dog, Graines d’Etoiles et Flowers. Un peu de la BO glacée, aussi. Song of the Storm, All is White, Ice Girl. Et puis. A la toute fin. Après le troisième rappel. Un Come As You Are au piano. Juste sa voix et la musique douce. Pour Quelqu’un qui n’est pas là ce soir.

Un concert chez elle, depuis trois ans qu’elle n’y avait pas joué. Et là-haut, accoudés à la balustrade. Sa famille. Ses amis. A lui mettre des étincelles dans les yeux. Et des larmes, aussi, lorsqu’elle a levé le regard pendant de longues secondes.

Ses Merci à n’en plus finir. Les cris et applaudissements de la salle comble. Son regard émerveillé. Son visage d’ange. Les mains qui n’en finissent pas de vibrer. Les bras qui refusent de se baisser. Et puis la scène qui se vide, à regrets. Et les lumières blafardes qui se rallument. La fin.

Laisser Lucie et son Lui partir. Les bises qui claquent. En se promettant Louise Attaque à la fin de l’année. Patienter. Au milieu des fans. La salle qui se vide, petit à petit. Se retrouver dans le bar de l’entrée. Même pas une dizaine, presque une heure après. Les musiciens qui font des allers-retours. Un qui nous promet qu’elle va sortir. Bientôt. Sortir le précieux album et le serrer fort dans la main, assise sur la deuxième marche. Et puis. Les lourdes portes noires qui s’ouvrent. Et enfin Elle. Avec toujours cet air mutin. Son collier immense. Sa toute petite taille. Quelques compliments que je lui adresse. Ses remerciements sous les sourires. Et sa signature et mon prénom qui accompagnent maintenant Le végétal a tout recouvert.

Magique.


Bande-son : Emilie Simon :: Le Vieil Amant [ Végétal ]
Lecture du moment : Boris Vian, L’arrache-cœur.
Et puis : Encore.

mercredi 3 mai 2006

"LEURS JOLIES CHOSES C’EST LA MORT, NOUS ON VA RESTER EN DEHORS..."


Quelque chose comme 10 h de sommeil entre vendredi matin et lundi soir. Mais les souvenirs de ce week-end. Des trucs tout cons en définitive mais qui restent scotchés. Et surtout, surtout, l’envie d’encore, là-bas, eux, ces moments-là, et le reste. Tout ça.


Boys don’t cry. Une nuit blanche. En profiter pour faire des trucs de filles. Passer des heures dans la salle de bain. Un train à prendre, ce samedi, tôt. Pois noirs et jeans, écharpe orange et bandoulière à badges. Un café et c’est parti. Ville presque déserte. Le calme d’une matinée de vacances. Direction Paris. Dionysos dans les oreilles pour ne pas m’endormir. Appels abrégés à cause du réseau. Gare de Lyon. Pas foulée du pied depuis des mois. Depuis novembre, depuis elle. Châtelet et finalement Gare du Nord pour les rejoindre à la consigne. Me débarrasser du sac trop encombrant pour la journée. Châtelet les halles. La salle carrée. Et puis les premières vaches du week-end et Steph enfin. La faim qui tient le ventre. Air frais. Châtelet. La fontaine. Le Mc Do. Les marches. Putain ce que ça faisait longtemps. Souvenirs de nombreux après-midi kikidonkiens. Putain ce que ça semble loin. Décalé, tout ça, eux transposés devant ce décor-là. Les pigeons et les frites et les images de 3 ans en arrière. La jolie fille d’à côté avec ses mèches et ses paupières de couleurs. Et Jack sur ses genoux. Le froid parisien. Remonter la fermeture éclair jusqu’au cou. Se décider. Montmartre. Depuis le temps. Le funiculaire. Le sacré cœur. Les rues pavées. Les touristes de toutes nationalités. La place bondée. Chercher. Le nom, l’adresse. Demander. Personne. Finir par. Avoir des indications. Chercher, encore. D’un côté. De l’autre. Sens inverse. Beaucoup plus loin que prévu, en fait. Mais le trouver enfin. Ce café-là. Celui d’Amélie. Nous extasier pour un rien, toutes les deux. Les affiches du film. Le comptoir. La porte des toilettes. La cuillère sur le bord et les grains de sucre sur la table. Photos souvenirs. Chouettes cendriers. Trop de monde. Ne pas oser. Repartir Gare du Nord. Récupérer nos bagages. St Lazare et enfin Argenteuil. En retrouver trois là-bas. Finir les préparatifs. Ballons, courses de dernière minute, toast, bouteilles, ... et derniers invités. Signal donné. Elles approchent. Silence qui se fait, tous sur le canapé. La porte qui s’ouvre et sa surprise.

Son discours qui devient messages personnels, la musique, le blind-test, le gâteau au chocolat, les cadeaux, la carte géante, quelques verres, deux trois trucs grignotés et forcément la langue qui se délie (trop ?), faire la connaissance de J., M., et les autres, aller d’un groupe à l’autre. Des gens pas vus depuis de longs mois pour la plupart. Et puis elle, quittée à peine une semaine avant mais cela semble tellement loin. Les clopes à l’air frais, le café tard pour tenir encore, les schtroumpfs rouges, les photos, les fous rires.

[...]

Soirée plus que géniale. Finie tard dans la nuit. A deux sur le balcon sous la couette pendant que les autres dormaient. Chouette moment. Très. Les lumières rouges, vertes et jaunes. Le ciel blanc trop éclairé. Les trips sur les gens qui passent. Le froid. Et le reste. Devoir passer par la fenêtre pour rentrer. Partager le petit matelas pour ne pas risquer de les réveiller.

[...]

Me réveiller pas si tard que ça. Emerger la tête de la couette. Un café. G. qui propose de faire des crêpes. Délicieuses. Décider de ne pas repartir le soir. De rester une nuit de plus. Avec eux. Début de journée sous la pluie. Devant un film. Se décider à sortir dans l’après-midi. Malgré le ciel toujours aussi parisien. Coins touristiques pour eux. La Tour Eiffel. Le Trocadéro. Aux revoirs rapides dans le métro. Les vaches ; d’autres. Les Champs. Le Mc café. Briochette au sucre et thé pomme-poire-cannelle brûlant. L’Arc de Triomphe. Rejoindre Steph, quittée quelques heures plus tôt. Nuages qui s’éloignent, un peu de bleu et de chaleur. Le Marais. Fureter dans les rues. Sans savoir trop quoi chercher. Elle qui demande. Finir dans un bar sympa. Déco géniale. Le lustre, les photos en noir et blanc (j’en aurais bien emportée une ou deux) sur les murs, bougies. Les idées ailleurs. La petites voix dans la tête. Un verre et puis repartir. Un petit bougeoir dans mon sac. Parce que trop mignon pour le laisser. Rentrer à Argenteuil. Pizzas et Daria version longue pour finir la journée. Pour finir le week-end. Se coucher pas trop tôt pas trop tard.

[...]

Même pas 6h. Déjà levés. Allers-retours salle de bain-cuisine-couloir-chambre. Ramasser les cd, les sacs de couchages, les fringues, les piles. Fin d’un week-end qui ne devrait pas en avoir le droit. Le RER, le métro, tout ça, le trajet bien connu, la Gare de Lyon. Prendre mon billet. Même train qu’eux. Mais. Devoir faire le trajet seule. Parce qu’idTGV pour eux trois. Les abandonner devant la voiture n°2. Visser Placebo sur mes oreilles. Et me repasser ce week-end dans la tête.


Merci.


[ Paris, c’est juste une ville bourrée d’années de souvenirs super chouettes avec des tas de gens extraordinaires. ]


Et sinon. A côté de cette escapade parisienne. Il y a aussi. Des nouveaux badges sur mes sacs. Le charmant jeune homme du cybercafé. Les exams qui approchent sans que je m’en rende vraiment compte. Une envie de Tin-Tin pour le prochain. Une place pour Bercy le 7 décembre 2006.


Bande-son : Sigur Rós :: Staralfur [ Ágætis Byrjun ]
Lecture du moment : Frédéric Beigbeder, 99 Francs.
Et puis : Envie de revenir à samedi.

mercredi 26 avril 2006

"IF ONLY TONIGHT WE COULD SLEEP..."

Des semaines de passées mais toujours Indo dans les oreilles presque chaque jour. Et les souvenirs. Et l’envie de Toulouse et de Nice et de Marseille dans quelques mois. On verra. Peut-être même Bercy, qui sait.

Bref. On embarque. Et on repart. Il y a quelques semaines.

Je ne sais plus trop quand. Ce mardi-là. Jour de la dernière grande manif avant la mort du CPE. Pas de tram, ou si peu. Voies bloquées. Des kilomètres à pied jusqu’au centre ville. Flâner dans les rues. Et un passage éclair au Virgin. Croiser Didier Wampas dans les rayons, en concert le soir-même. Oser l’aborder. Repartir avec un autographe et une invit’ pour le soir. Et puis rejoindre les étudiants. Un truc géant là-bas. Plus de 60.000, il parait. Y être, là, tout devant, aux premiers rangs. Avec un Bob l’éponge, des faux CRS et des étudiants colorés. Des heures de marche sous les cris et les chants. Place de l’Europe, Corum, Peyrou, Com’. Finir assise en tailleur. Les écouter. M’éclipser un peu avant la fin parce que le temps qui passe. Rentrer chez moi. Toujours à pieds. Une heure et puis une douche rapide et repartir dans l’autre sens. Toujours pas de tram. En retard au concert. Le Rockstore, la billeterie, « une invitation pour Stéphanie, de Didier Wampas ». Un petit billet. Même pas de fouille à l’entrée. Première partie en cours. M’avancer aux premiers rangs. T-shirts Ramones, blousons de cuir et crêtes de tous les côtés. Me sentir un peu. Etrangère. Et puis Didier et la musique et même si et on oublie le reste. Fredonner les quelques paroles connues. Me mêler à la foule, aux pogos et m’y épuiser. Et puis Où sont les femmes. Pas besoin de me faire prier pour monter sur la scène. La salle éclairée, les regards des gens vers soi, me retrouver là-haut, pas vraiment la première fois mais un baptême en concert. Un peu plus tard, le remercier. Plusieurs fois. Soirée géniale. Bien plus que je ne l’attendais/espérais. Mais je me suis laissée emporter. Et les jambes qui s’en souviennent encore quelques jours après. Et puis il reste les photos et un nouvel album dans ma playlist.

La fac débloquée depuis peu mais les cours qui n’ont pas repris. Ne reprendront pas. Partiels reportés. Révisions sur quelques feuilles. 3-4 semaines de cours sur un semestre.

Un week-end passé à Toulouse. Chez Mr Littlefrench en personne. Arrivée sous le soleil. Crêperie entre blogueurs. Des têtes nouvelles, des pseudos familiers, des personnes pas-vues-depuis-longtemps. Un après-midi sous la pluie. Pour ne pas déroger à la tradition. Une soirée chez elle. Dîner avec ses parents et Wild. Et un film. Réveiller Little. Lui souhaiter un Joyeux Anniversaire et lui offrir les petits paquets. Discussions dans le noir avant de s’endormir. Pour se lever tôt. Cinéma en prévision. L’âge de glace II. Mais avant, les bandes-annonces qui se répètent et agacent. Rechercher les cerisiers japonais. Puis pizza et L’auberge espagnole. Peu de temps et déjà l’heure du retour. C’était court, mais c’était chouette.

A peine le temps de renter, de dormir quelques heures, de faire un peu de rangement et de ménage. Et puis Steph. La rejoindre en ville. Faire la connaissance de Joachim. Hum hum. Sirop de grenadine en prévision de la soirée. Commande de pizzas. Bouteilles en tout genre qui s’alignent. Et c’est parti pour trois jours. Trois soirées alcoolisées. Certaines plus que d’autres. Soirée à quatre le mardi. Loiz et Wild. Concert annulé, les attendre à la gare. Resto Jap’. Et finir chez moi. Discussion qui part dans tous les sens. Sans même avoir besoin de finir mon verre. La Thaïlande la Belgique et l'Egypte. Putains de pays. Les discussions qui continuent devant la voiture. Et puis elle qui ne nous croit pas. Regretter de ne pas avoir pris de photos. Le lendemain. Gin et mal de ventre. Nuit blanche. Au matin. Quelques heures de sommeil pas prévues. Plus tard. Le car et l’appart là-bas. L’expresso en arrivant. Des photos de famille. Les robes bleue marine. Courtes heures de sommeil. Départ pour l’Espagne. Achats express. Clopes, alcool, chocolats. Retour rapide et puis sandwich et les dernières minutes avec elle avant le car de nouveau.

Un nouveau piercing, depuis deux semaines. Et d’autres envies. Un job samedi, distribution de tracts, pour en payer un. Encore encore.

Une nouvelle coupe de cheveux, depuis cet après-midi. Juste quelques centimètres en moins. Et le retour de la mèche.

Les heures au téléphone avec elle parce que vive son illimité.

samedi 25 mars 2006

"PARTOUT C’EST L’INDO MA VIE ÇA ON LE SAIT."


Lundi. Ça a fait deux semaines. Plus de deux semaines déjà et je n’en suis toujours pas remise. Plus de deux semaines pour écrire cette putain de note parce qu’à chaque fois que j’y repense, j’ai cette boule au milieu de la gorge, ce nœud au fond du ventre et les larmes qui viennent. Plus de deux semaines que je n’arrive plus à écouter une seule chanson, à regarder une seule vidéo. Même que c’est foutrement con et ridicule, tout ça. Putain, j’arrive toujours pas à me dire que c’est passé. Que je les ai vu. Que je les ai eu en face de moi. Une fois de plus. Je ne sais même pas si je vais trouver les mots exacts, tellement les émotions ont été et sont fortes. J’aimerais tellement garder une trace écrite de tout ça, histoire de pouvoir me replonger dedans et revivre cette soirée rien qu’en lisant mes lignes.

Mais avant ça, il y a eu le début du blocage de la fac, et puis la semaine de vacances. Commencée à Nice avec une énième nuit blanche chinois-Running Birds-Sub’. Ça parait super loin, tiens, d’y penser. Et puis quelques jours plus tard, c’est Steph qui est venue me rejoindre, à Avignon. A vu « la chambre rouge ». Et dès le lendemain, on était devant AqME. D’abord à la Fnac, après un peu de visite et de shopping, pour la séance de dédicaces. Plus tard, après quelques difficultés d’orientation, s’asseoir devant la porte close de la salle pour le soir. Carte d’adhérent, tampon sur la main, bière et clopes pour patienter. Concert mémorable, parce que salle mémorable. Putain, les Passagers au 1er rang. À en finir assise sur la scène entre Koma et Charlotte, jambes compressées par le reste de la foule. Mais faire tout pour le vivre pleinement. En oublier la douleur de les voir à quelques centimètres. Tomber sur lui, aussi, des fois. Le micro tendu vers moi pour gueuler un morceau de La réponse. À la fin, essayer de décrocher la set-list. Etienne qui vient m’aider. Après le concert, se faire offrir un cd dédicacé de la première partie. Me retrouver devant Aurélien, discuter rapidement avec lui, en attendant les autres. Tour rapide dans la salle à papillonner entre Ben, Etienne et Charlotte ; avant d’aller retrouver Thomas (30 ans, putain !), pour le reste de la soirée. Qui sera courte, mais ce sont toujours des minutes de bonheur intense plein la tête. Leur dire A lundi, la voix pleine d’impatience, avant de partir. En rentrant, découvrir les hématomes de dingue qui parcourent les jambes. Putain de soirée.

Quelques heures de sommeil, un faux départ, et puis Montpellier, pour une semaine ensemble.

Le samedi, se décider pour aller au Zénith. Indochine qui rode sa tournée là-bas depuis une semaine. Essayer d’entrer, attendre à l’arrière, surveiller les portes. Entendre résonner la musique, à l’intérieur. Talulla ; l’intro de L’aventurier, plusieurs fois. Et puis. Grande aspiration de ma part qui alerte Steph. Nicola qui sort. Monte dans une voiture. Se dirige vers le portail. Où nous courons comme des folles. La voiture qui passe devant nous, moi bouche bée et cerveau en pause, coucou de la main de Steph auquel il répondra à travers les vitres teintées. Sourire béa sur le visage en essayant de réaliser. Juste le temps de se remettre de tout ça, et un peu plus tard, nouvelle accélération du cœur. C’est Mr Shoes, cette fois, qui sort faire une pause. Moi qui accours vers le grillage et lui lance un Bonjour. Discussion sympathique avec lui. Qui nous offrira deux cartes dédicacées du groupe. Récupérées tant bien que mal malgré les difficultés de terrain, et lui qui manque de se casser quelque chose par ma faute. Froid nous poussant à rentrer, moi sur un nuage. J'AI PARLE A MR SHOES. J’AI PARLE A UN MEMBRE D'INDOCHINE.

Deux jours plus tard. Dès 13h. On était devant le Zénith, accompagnées de quelques dizaines de fans. Attente qui passera vite, bien plus que prévu. Discussion avec un peu tout le monde. Un fan de Placebo ayant assisté au concert quelques jours plus tôt. Et puis leur groupe de trois très sympathique. Lucie, F. et N. Entendre Indochine répéter à l’intérieur. Puis AqME. Observer la mise en place du merchandising depuis les hublots. Sans l’apercevoir lui.

Quelques heures plus tard. Billet à la main, fouille du sac, avancer le plus vite possible et nous retrouver dans les premiers rangs. Juste à côté de l’avancée de la scène. A droite. Malgré la difficulté à choisir entre nos deux guitaristes. Mais elle l’a voulu lui. Et ce n’est pas moi qui allais dire non à Sexy Boris.

[...]

Petit problème de petites gouttes, Steph qui s’éclipse un peu avant le début. Rester avec Lucie. Très tôt. Bien avant l’heure indiquée sur le billet. AqME qui arrive sur scène. Impression étrange de les revoir sur une grande scène, devant des milliers de personnes, après les trois petites salles intimes. Setlist raccourcie par rapport à celle de la tournée. Forcément. Koma qui se trompe. En annonçant une chanson du dernier album. Et en enchaînant avec une de Polaroids & pornographie. Public sceptique et partagé. Souvent statique. Autour de moi qui bouge et hurle sur toutes les chansons, les yeux rivés sur Koma. Voisin qui me pose des questions sur le groupe. Lucie qui participe à Pas assez loin, comme nous l’avions répété. Et eux qui sortent bien trop vite de scène. Mais. Ce soir. C’est Indochine qu’on est venu voir. C’est pour Indochine qu’on est là. C’est Indochine qu’on attend. C’est pour Indochine qu’on trépigne d’impatience en trouvant le temps irrémédiablement long. C’est Indochine qu’on crie. C’est pour Indochine que le cœur bat à 100 à l’heure quand on se dit qu’ils seront là, qu’ils vont arriver. Et puis, derrière la musique d’attente, résonnent des horloges. Les tic-tacs détraqués. De plus en plus forts. La promesse d’une soirée que je ne suis pas prête d’oublier. Un rideau sur le devant de la scène. Rouge. Aux allures de l’affiche de la tournée. Illuminé d’Indochine. Les lumières qui se baissent, la musique aussi. Le rideau qui se couvre du petit automate au tambour battant la mesure. La tension qui monte. Le cœur qui s’accélère. Le public qui n’en peut plus d’attendre. Qui se retient. Et puis. Le rideau qui tombe. Dévoilant nos 6 musiciens. Et la musique qui explose. En même temps que le public entier. Putain, ça y est, on y est. Et c’est parti pour près de deux heures de folie.

Le reste, je n’en ai que des bribes d’images dans la tête. Des morceaux, des fragments de moments forts. Le foulard rouge noué autour de son bras gauche. Leurs tenues à tous. Les chemises blanches, les autres noires, les manches courtes, les pantalons noirs. Les immenses fleurs du côté de Boris. Le tapis d’herbe vert recouvrant la scène. Les arbres décharnés derrière Oli. Le nouvel Indoboy derrière le clavier. Un clavier comme partie intégrante du décor. Les lumières tour à tour bleues, rouges, vertes. L’incommensurable plaisir aux premières notes d’Adora et à celles de Gang Bang. Le plaisir d’entendre pour la première fois Leila. La folie du public sur Alice & June. Le cœur qui se serre sur Dunkerque. Je serais dans tes rêves, tu seras dans les miens. June qui fait serrer la gorge et les poings, pour d’autres raisons. Mes larmes sur Le grand secret, tellement c’était fort. Les médaillons du fond projetant des images pendant tout le concert. L’autocollant sur une des guitares de Boris. Mr Shoes qui se déchaîne. Nicola, Oli et Boris juste devant nous, pour un aparté acoustique de quelques chansons. Les nombreux rappels qui n’en sont pas vraiment. Ne pas vraiment réaliser où je me trouve. Essayer de me convaincre qu’ils sont là, que je suis en face d’Indochine, bordel. Vouloir en profiter un maximum. Me gaver les yeux de leurs mains sur les guitares, de leurs visages et de leurs gestes. Me déchirer les cordes vocales à chanter toutes les paroles fredonnées tant de fois dans ma chambre, et à hurler pendant les quelques blancs. Me filer des crampes aux bras à les tenir en l’air et à frapper des mains. Me remplir la tête de cette soirée de rêve, de ces minutes tant attendues, tant rêvées, tant espérées depuis presque trois ans que je ne les avais pas vu. Après toutes ces heures passées devant les dvd, à envier le jour où. Enfin. Je les reverrais.

La Promesse, Dunkerque, Les Portes du Soir, Alice & June, Marilyn, Adora, Punker, Atomic Sky, Gang Bang, Ladyboy, J’ai Demandé à la Lune, Morphine, Le Grand Secret, Un Homme dans la Bouche, June, Mao Boy, 3 Nuits par Semaine, Miss Paramount, Leila, Monte Cristo. Juste Toi et Moi, Justine, Sweet Dreams, Salômbo, La Colline des Roses. Punishment Park, Pink Water. L’Aventurier, Black Page. Les chansons s’enchaînent. Au fur et à mesure, me dire que la fin approche. Envie d’encore. Envie de toujours. Vouloir que cette soirée dure une éternité. Mais les heures et les albums défilent à toute vitesse. On se replonge dans le passé, on revient dans le pays des cauchemars, et sous les remercîments du groupe, la soirée se termine. Déjà. Trop tôt. Trop vite. Beaucoup trop vite.

Putain. INDOCHINE. Bordel. C’était juste. Magique. Exceptionnel. Indescriptible. Incroyable. Juste. Eux.

[...]

Attendre Steph devant le merchandising, pour pouvoir me rincer les yeux. Apercevoir Thoma, à côté, me diriger vers lui, et lui qui me reconnaît, entame la discussion, cigare dans la main (« Ah carrément ?!).

L’exaltation d’après concert, comme si j’avais vu quelques verres, qui me fait parler à tout le monde sans aucune retenue, sans aucune gêne. Le mec et son t-shirt trop classe, Aurélien, Thomas (« Oh, les SuicideGirls ! »), le vendeur d’affiches, les deux mecs qui squatteront chez moi plus tard, … Acheter un t-shirt souvenir. Le rouge. Évidemment. Une affiche, aussi, l’officielle. À laquelle s’ajouteront les deux d’un stand extérieur. Rester dans le hall jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un petit groupe, autour d’eux quatre. Se faire virer par les vigiles. Avoir des « peut-être à bientôt » d’Aurélien et Thomas.


[...]


Fac toujours bloquée, on a pu profiter au maximum du temps ensemble. Le reste, ça n’appartient qu’à nous, ou presque. Pas besoin de raconter. Juste quelques mots-clefs, instantanés, clins d’œil.

La chauffeuse et les nouveaux coussins orange et rouge et la chrysalide (!). Les 4400 et Baise-moi et Trainspotting et Fight Club et Closer avec les larmes et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Le trou dans le rideau et le réveil super résistant et mes jolies tasses à ne pas toucher. Les « ça va ? et en vrai ? » et les « maki ! » et les « Tous des connards » et les « Koma m’aime ». Les allusions sexuelles et les câlins du matin et les câlins du soir et les câlins d’après message qui donne envie de balancer le portable contre le mur et les allusions toujours. La boutique de fringues de Londres et Jack partout et le pantalon noir et le vendeur space trop génial et une affiche de l’Alice et June Tour offerte. Le Kill Beer et Cédric et ses trucs et les Guns ‘N Roses en arrivant et l’happy hour et les Cure et le mec avec le dessin orange et moi déjà pompette en sortant. Le jap’ et les makis et les petits bateaux sur l’eau et les brochettes de poulet et le serveur qui me drague. Le Kill Beer encore et la soirée métal et le billard et les deux mecs et défendre Indochine et le litre de bière dans le ventre. La raclette et manger sur le sol et finir sur le lit et les Mikado au caramel. Son retour d’Espagne et les minis Oreos et la bouteille de vodka et les clopes et le briquet rouge. Le restau et la fondue et sa tante et ses cousines et le kir au rhum et les biberons et les glaces surprises et le serveur. Le Charlie’s et les demi cerise et me sentir aimant et les boulets et l’autre qui me fixe et les verres offerts et le numéro de son pote. Le tram et l’alcool dans la tête et les mecs de la fac et la boulette et les verres de vodka pomme. Et la gare et le corail teoz de 15h11 en provenance de Bordeaux et à destination de Nice desservant Marseille Toulon etc.

Putain. Vivement l’année prochaine, vivement septembre.


[...]


Sinon. À part tout ça. = Fac toujours bloquée. Ça doit faire un mois, il me semble. = Manifs qui s’enchaînent. Dernière en date, samedi dernier, à Avignon. Inquiétude pour les partiels approchant, mais il faut bien ça, putain. = Tatouage fait hier après-midi. Et même pas mal. Et putain je ne regrette pas, j’en suis totalement folle amoureuse. = Et la bourse est tombée alors je pourrais peut-être me permettre aussi de concrétiser un de mes projets de piercing. Mais le choix est dur entre les 5 que je voudrais. = Envie de changer de tête. Idée de coupe presque fixée. Reste la couleur. Violet ? Vert ? Rose ? Rouge ? Bleu ? Orange ? = Le nouvel album d’Emilie Simon est sorti au début du mois et je l’écoute quasiment tous les soirs. Et le 25 mai, je serais devant elle, au Rockstore. = Et le 19 juillet je serais devant Placebo à Nîmes, sauf imprévus. = Elle arrive le 2. Elle. En France. = Sinon, j’ai envie de bouger, de changer d’air, d’un week-end quelque part. Alors si jamais ça dit quelqu’un de partager un ou deux jours avec moi... = Promis, la prochaine fois, je réduis sur les « putain ». =

vendredi 17 février 2006

"J’AI BESOIN DE VIVRE AUTRE CHOSE POUR ME SENTIR LIBRE"


Hématomes, écorchures, courbatures, voix cassée. [Et rhume de dingue.] Mais aussi photos, autographes, nouveau t-shirt, affiches, souvenirs, sourires. Voilà ce que j’ai ramené de mes deux jours spécial AqME.


D’abord Toulouse, malgré le mal de tête. Deux heures de train et puis Julie. Son appart, à 10 min du Cap. Coucou rapide à Tess, pas vue depuis des mois. Les portes et les volets bleus et verts. Les affiches de Saez. Les dessins de la petite sœur. Les touches de vert un peu partout. Après-midi passé à discuter et se gaver de chocolat en tout genre au son des HPS.

[...]

Partir dans la nuit. Bus. Ramonville. Marche dans la ville à la recherche de la salle des fêtes. Trois quarts d’heures plus tard. Musique qui résonne dans les oreilles. Lazy. Les dernières chansons. Passer au merchandising. Avec le toujours charmant vendeur. Hésiter entre deux trois t-shirts. Son sourire à lui. Se mettre un peu dans l’ambiance. Lumières qui s’allument. Regarder un peu autour de soi et se sentir vieille au milieu de tous ces ados (gamins ?). Bière et odeur de shit qui chatouille les narines. Me dire que ça fait quand même longtemps et que ça me dirait bien, là. Bref.

[...]

Enfin, la salle se plonge dans le noir. Et. Les premières notes. D’abord eux trois ; rejoints par lui. Prendre des photos, un peu. Entendre avec étonnement les notes de Tout à un détail près. Ne pas pouvoir l’appeler alors lui envoyer un message. Filmer aussi. Cette chanson-là. Parce que. Celle-là. Crier de toutes mes forces. M’en mettre plein les yeux. Plein les oreilles. Thomas qui s’amuse à casser les gens, mais toujours avec cette touche d’humour et de vérité. [« J’aime Lazy, et vous aussi vous aimez Lazy ! » « Ouaaaiiisss ! » « Non mais c’était pas une question. » ; « Vous êtes... » « Génial ! » « Non, vous êtes géniaux. » ; « On a fait une interview sms tout à l’heure... C’est dingue ce que vous écrivez mal ! Quand je dis "Le futur sait à peine lire et écrire"... Vous savez qui c’est le futur ? C’est vous ! » ; ...] Manquer de verser une larme sur Ainsi soit-il au début si émouvant, Ben et Koma, tous les deux seuls sur la scène, l’un face à l’autre. La fin qui arrive trop vite, le temps qui passe trop vite. Devoir nous éclipser alors que Charlotte encore sur scène serre des mains. Retrouver le froid du dehors, après la brûlante température de ces presque deux heures. Rejoindre l’arrêt de bus, quelques kilomètres et dizaines de minutes plus loin. Lui parler de cet incroyable sentiment pendant et après les concerts. Puis le Cap’ et le souvenir du marché de Noël.

[...]

Une bonne nuit de sommeil. Julie qui file en cours et le lit encore à moi pour quelques heures.

[...]

Métro. Gare. Train avec elle. Dormir. Message de Chacha. Son arrêt à Narbonne. Continuer jusqu’à Montpellier. Passer rapidement chez moi, vider le sac, prendre la place pour le soir. Vider l’appareil photo, changer les piles, choisir quelques clichés à développer. Direction la Fnac. Photos imprimées en quelques secondes, et puis le forum. Place au premier rang. Discuter un peu. Parler du concert de la veille, donner quelques infos sur la setlist, sur le groupe. Me faire prendre pour une groupie.

[...]

Un peu plus d’une heure trente plus tard. Les voir arriver. Les avoir en face de moi. Deux mètres, ou peut-être même un seul. Le sourire de Thomas et ses fossettes. Les blagues et remarques de Ben. Le sérieux d’Etienne. La douceur de Charlotte. Les Leto au fond de la salle. En concert le soir-même dans une autre salle de la ville. Interview banale puis questions du public. Ne pas en poser mais y réfléchir pour la prochaine fois. Questions sur Nowhere, pas mal sur Indochine. L’heure des dédicaces qui arrive vite. Décrocher une affiche et se mettre dans la file. Leur faire signer le cd pour Julie. Leur montrer mes photos de la veille dont quelques-unes s’orneront de leurs autographes. Oser quelques phrases, quelques mots à chacun, mais être trop pressée. Leur lancer un "À ce soir" avant de m’éclipser et de laisser la place aux autres.

M’enfuir à pas pressant. Vite, vite, le Rockstore. Quelques fans devant les portes. Mais ma place sur l’escalier libre. Attendre. Attendre. Glisser l’appareil photo là où il ne sera pas vu. Attendre. Le froid. L’heure qui approche. Barrières qui se mettent en place. Devoir se lever. Attendre. Attendre. Fouille des sacs. Billet déchiré. Place au premier rang. Un peu décalée vers la gauche. Vers Ben, pour changer. Attendre. Attendre. Noir. Lazy. Premiers pogos dans le dos, premières photos. Seb juste au dessus de moi et bassiste mignon.

[...]

Enfin. AqME. Setlist identique à la veille. Que je commence à connaître par cœur. Cris, pogos, larmes au fond des yeux pour ces deux chansons-là, gorge en feu, ... Sensations indescriptibles. Me sentir. Vivre. Vivante. Complète. Unique. Thomas qui nous donne quelques précisions sur sa dent cassée. Due à trois concerts. Prendre quelques photos. D’eux si près. Filmer un peu de celle-là, pour lui (?). Les appeler, elles, pour partager l’intensité du moment ou les yeux humides. Aider les mecs à monter sur la scène. Effleurer les cordes de la Gibson de Ben. Tenir la main de Thomas. Hurler lorsqu’il tend le micro vers nous. Avoir des étoiles dans les yeux en les regardant sur scène. Me dépenser autant que possible. Me vider de toute énergie. Donner le maximum.

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Acheter une bouteille d’eau. Puis me décider pour un t-shirt et avoir de nouveau droit à sourire d’Aurélien. Rejoindre Seb et lui demander de signer ma place. Discussion. Lui qui hallucine de savoir que j’étais à Toulouse la veille. Photo avec lui. Affiche offerte. Ben qui sort des loges. Photo. Puis ce sera au tour de Charlotte, tellement petite. Et de Thomas. Trop grand qui se baisse. Photos prises par un mec de Lazy ratées, alors en prendre une moi-même et la réussir. Rire avec Thomas en se foutant gentiment du médiocre photographe. Apercevoir le joli monsieur de Lazy. Autographe, photo, et lui qui engage la conversation. Me sentir un peu bête, mais. Un peu plus loin, un peu plus tard, deux Lazy qui jouent avec mon appareil, et photo avec Etienne et un mec de Leto.

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Dernières minutes de bonheur. Discussion avec Koma. Lui poser à l’oreille la question qui me taraude depuis la veille. Son nouveau tatouage. Lui qui remonte sa manche pour me le montrer. Depuis septembre, il me dit. Trip sur les autographes, alors le faire signer sur ma jupe. Et l’heure, toujours l’heure. Le dernier tram à prendre pour ne pas parcourir des kilomètres seule à pied en pleine nuit. Laisser derrière moi la fête qui continue entre les trois groupes de cette soirée montpelliéraine. En attendant. Le 2 mars.