mardi 18 mars 2008

"TO HAVE HIS ARMS AROUND ME, TO SENSE HIS PERFECT TRUST..."


Le réveil qui sonne à 4h30, le rituel douche café, le tram désert, la ville endormie, les rues humides, et le train qui me mène vers Paris et ce qui deviendra le meilleur concert de ma vie. Pauline à l’arrivée, un rapide petit déjeuner, nos pas dans les rues parisiennes, et la silhouette du Palais Omnisport. Les quelques dizaines de personnes déjà là, une tente dressée, et une file aux allures Indochinoises loin de vraiment me plaire. Le vent puissant, Guillaume, les croissants, les gouttes de pluie, Depeche Mode, la pause déjeuner, Raphaël, et le charmant journaliste du Petit Journal. La fin de l’après-midi, la précieuse place serrée au creux de la main, les portes que l’on dépasse, et la course vers la scène. Le deuxième rang côté droit nous accueille, nos mains ne lâcheront plus les barrières.

Les caméras de tous côtés, l’overdose d’Interpol en musique d’attente, la salle qui se remplit lentement, et Jason qu’on aperçoit derrière la scène. 65daysofstatic en ouverture de la soirée, le fabuleux batteur, les doigts du bassiste sur ses cordes qui captivent mon regard, la fougue du guitariste de gauche, j’apprécie et je profite encore plus que la semaine précédente... A revoir, rien que pour eux seuls.

La pression qui monte, le cœur qui bat, mon sourire en face de notre Monsieur Dragibus, et les yeux qui balayent une dernière fois l’immense salle, avant qu’elle ne plonge dans l’obscurité.

Les lumières bleutées, les écrans scintillants, les notes de Plainsong, le cœur qui s’envole dans un rêve et les yeux qui picotent. JasonPorlSimonetRobert, la voix qui s’élève du milieu de la scène, et les larmes le long de mes joues. Prayers for Rain et sa pluie de 13 secondes qui suivent et m’envahissent encore d’émotion. A Strange Day, la foule qui se presse. Alt.end, la chaleur qui monte. The Walk, l’énergie qu’ils envoient de la scène. The End of the World, la folie qui grandit. Lovesong, le premier rang qui s’offre à moi. To Wish Impossible Things, la magie qui miroite. Les voix qui s’élèvent un peu plus fort sur la pétillante Pictures of You. Ma chère Lullaby qui me fait frissonner. Réaliser, ou pas. From the Edge of the Deep Green Sea et mes yeux et mes oreilles qui ne veulent rien rater. Les petites notes piquantes de Kyoto Song qui nous mènent jusqu’à la nouvelle Please Project. La puissance live de Push en coup de cœur. How Beautiful You Are..., Friday I'm In Love, In between Days, et Just Like Heaven qui se succèdent sous nos voix, nos sourires et nos bras levés. Primary qui annonce la suivante. A Boy I Never Knew, les mots qui me noient une deuxième fois sous les larmes. Shake Dog Shake, l’humidité de mes joues qui s’assèche en cadence avec mon corps. Never Enough et Wrong Number, la communion et l’énergie de la scène et de la foule qui subsistent encore et encore. One Hundred Years et sa basse qui résonne dans mon corps tout entier. Disintegration et mon corps qui vibre au rythme des doigts de Simon et qui plane sur la douceur de la voix du Maître Smith.

Eux qui nous abandonnent quelques secondes ou peut-être quelques minutes, la musique qui n’a pas quitté mon corps et l’envie d’encore trop présente.

Premier rappel qui se lance sur At Night. M et le rouge sang sur les écrans. Play For Today qui sonne différemment mais qui ne manque pas de nous emporter. A Forest qui s’éternise sous les comptes méticuleux de Simon et Robert qui ne le lâche pas des yeux. One Two Three Four...

Le deuxième rappel qui suit de près, The Lovecats et le plaisir que je prends encore une fois. Le sourire jusqu’aux oreilles qui reste pour Let's Go to Bed et l’envie d’aller danser sur scène. Freak Show en nouvel aperçu. Close to Me et Why Can't I Be You? et toujours ses yeux pétillants et sa façon de nous regarder, son air d’enfant paumé qui se promène sur la scène et la tendresse mêlée à l’admiration qu’il m’inspire.

L’odeur de fin du dernier rappel qui sonne comme un retour en arrière. Three Imaginary Boys et les allures punks de Fire in Cairo. Boys Don't Cry comme hymne légendaire qui se déroule sur l’écran de mon appareil photo. Jumping Someone Else's Train entêtant et Grinding Halt avant 10:15 Saturday Night et ses coups de batterie. Les dernières minutes qui approchent, je ne veux pas les quitter, non, pas là, pas encore. Et pourtant c’est la tremblante Killing an Arab qui les voit s’écouler.

Et puis les quelques mots de Robert, la scène qu’ils ne désertent pas vraiment, l’espoir palpable et l’inespéré ou presque.

Un quatrième rappel. Un cadeau aux fans, un trésor d’émotion. Faith. C’est avec elle que tout finit. C’est avec elle que le rêve se termine. C’est avec elle que mes dernières larmes ne se retiennent plus. C’est avec elle que mes yeux restent figés vers eux. C’est avec elle que mon cœur vacille une dernière fois. C’est avec elle que 17000 vibrent à l’unisson dans le rêve ultime. C’est avec elle que se concluent 3h30 phénoménales. C’est avec elle que s'éteint Bercy.
C’est avec elle que je leur dis au revoir.

[...]

Après ça, le t-shirt, la fontaine, Oli, le métro avec eux deux, les galères, le Next, le tampon sur le poignet, le sous-sol, les toilettes, les fans vêtus de noir, L’Aventurier, Joy Division, les Pixies et bien d’autres bonheurs pour les oreilles, quelques photos, le corps qui bouge sur la musique, l’envie de rester, deux aux revoirs, Raph’, la bière, les pauses clopes à l’air frais, le projet Londonien, un badge, des rires et des connaissances, sa tête sur mes jambes et mes yeux qui papillonnent, la nuit qui se termine, les rues parisiennes qui nous accueillent, la recherche d’un café, le métro, la gare de Lyon, un petit déjeuner plus que bienvenu, nos regards un peu perdus, nos souvenirs, et le train à prendre, retour à la maison. Tout ça et une seule chose en tête, le concert de la veille, le meilleur, meilleur de ma vie.


Plainsong / Prayers for rain / Strange day / alt.end / The Walk / The end of the world / Lovesong / To wish impossible things / Pictures of you / Lullaby / From the edge of the deep green sea / Kyoto song / Please project / Push / How beautiful you are... / Friday I'm in love / In between days / Just like heaven / Primary / A boy I never knew / Shake dog shake / Never enough / Wrong number / One hundred years / Disintegration // At night / M / Play for today / A forest // The lovecats / Let's go to bed / Freak show / Close to me / Why can't I be you? // Three imaginary boys / Fire in Cairo / Boys don't cry / Jumping someone else's train / Grinding halt / 10:15 Saturday night / Killing an Arab // Faith.


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jeudi 13 mars 2008

"I'VE BEEN LOOKING SO LONG AT THESE PICTURES OF YOU..."


Mardi 4 mars, 11h36, le train qui entre en gare de Marseille. Elles deux au bout du quai.

Les marches, les mêmes rues que quelques jours avant, le Monop’, Dragibus et Nutella comme provisions essentielles. Le Virgin, sa place réservée au tout dernier moment et sa dédicace de Diam’s, le métro, les galets sur les murs, St Just, le vent à la sortie et le Dôme à notre gauche. La dizaine de personnes éparpillée, nos interrogations, et Yann et Coco en file du milieu.

Et puis le reste : les discussions sex toys, le café, le Bob l’Eponge Stef, nous en groupies de Raph et d’Oli, les sous-entendus, les Dragibus par dizaines, la distribution de cookies, la rencontre avec les Curistes, le vent froid, les câlins, les deux mecs de derrière, la blonde de la sécu et ses gants, les portes qui s’ouvrent, les kilomètres à parcourir en courant, la petite marche qui attrape mon pied, et ma main droite sur la barrière.

Après ça, 65 days of static, des cheveux blonds, des musiciens hallucinants, une excellente introduction de soirée, la meilleure depuis longtemps, et le mec du staff, son pass autour du cou, et nos tentatives d’échange. La place devant moi qui se libère, mes bras installés sur la barrière, le premier rang à côté d’eux.

Et puis les Cure. Et mes larmes.

RobertSimonPorlJason en face de moi. Pour de vrai. Et la musique qui transporte, et la voix qui donne des frissons.

The Cure The Cure The Cure The Cure The Cure The Cure The Cure. Bordel.

Ce sont les yeux de Simon dans les miens tout au long du concert. C’est Bobby et son regard mélancolique cerclé de noir. Ce sont les allures Billy Corgan-iesques de Porl. C’est l’exquise assurance de Jason derrière. Ce sont les sourires timides entre les lèvres écarlates. Ce sont les gracieuses guitares de Porl. C’est la basse qui résonne au fond de l’estomac. C’est la main qui tente de recoiffer le mélange hirsute. C’est l’énergie captivante de Simon. Ce sont les lumières colorées dans les yeux. Ce sont les écrans verticaux du fond. Ce sont les 38 titres magiques qui s'égrènent pendant plus de trois heures, de Plainsong à Killing an Arab.

Ce sont les heures passées dans ma chambre à les écouter. Ce sont des images de mes 16 ans. Ce sont des années de rêve.

C’est la douce descente sous les lumières vives. Quelques derniers câlins et des avis échangés. Nos sourires et les yeux qui brillent. Et le cœur qui bat fort et qui n’oubliera pas.


Plainsong / Prayers for rain / alt.end / The walk / The end of the world / Lovesong / Pictures of you / Lullaby / From the edge of the deep green sea / Kyoto song / The blood / Please project / Push / Friday I'm in love / In between days / Just like heaven / Primary / A boy I never knew / Shake dog shake / Never enough / Wrong number / One hundred years / Disintegration / At night / M / Play for today / A forest // The lovecats / Let's go to bed / Freakshow / Close to me / Why can't I be you? // Boys don't cry / 10:15 Saturday night / Killing an arab.


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mardi 26 février 2008

"LA VIE EST COURTE, LES DELICES DU BONHEUR SUBSTANTIELS..."


Marseille avec elle, c’est l’attendre au bout de son quai, c’est sortir chercher des clopes, c’est voler des affiches, c’est trouver un café "normal" vraiment normal, c’est voir une interview télé en direct, et c’est se cacher en haut des escaliers pour entendre quelque chose. Marseille avec elle, c’est chercher la Canebière, c’est le rap marseillais sorti de sa bouche, c’est la boutique de l’OM, c’est le gel coiffant, ce sont les sweats étoilés achetés en gros, c’est manger une pizza couscous, c’est la tentation de partir en courant, c’est le magasin de fashion tecktonik et son legging, c’est le thé à la menthe et les pâtisseries au miel le miel aux pâtisseries. Marseille avec elle, c’est tourner dans Belsunce, c’est suivre les gens "normaux" vraiment normaux, c’est la dame en rouge, c’est le Polygone version Marseille, c’est la Fnac normale à notre façon cette fois, et c’est le Vieux Port. Marseille avec elle, ce sont les Free Hugs, ce sont les pancartes colorées, c’est le coyote qui danse sur Seven Nation Army, c’est le squatt avec les câlineurs, c’est la rue des cafés, ce sont les rideaux rouges, ce sont les canapés oranges, et c’est le totem portable & co. Marseille avec elle, c’est chercher un cybercafé, c’est longer la grande rue pleine de lycéens, c’est le monocycliste et son copain, c’est le cybercafé juste à côté, ce sont les 15 minutes à 1€, c’est Daffy et ses potes, ce sont ces cinquante cafés à l’heure, et c’est le programme de la soirée qui se complète. Marseille avec elle, c’est le Mac Do hyper cher, c’est finir au Quick pour le dessert, ce sont les beignets au caramel et à la fraise, c’est le métro, c’est le groupe de punk et Siiiiiiiiiiid, c’est trouver l’Intermédiaire en deux secondes sans se perdre, ce sont les affiches sur les vitres, c’est le bar coloré et la toute petite scène. Marseille avec elle, c’est nos bières fraise et cerise, c’est la musique chiante, c’est surveiller l’entrée, c’est notre attitude de groupie, ce sont les heures qui défilent, c’est Fritz The Cat au-dessus de la porte des toilettes, ce sont les milliers d’autocollants dans ces mêmes toilettes, et c’est les croiser plusieurs fois sans rien oser. Marseille avec elle, c’est la découverte de Kami, c’est le chanteur aux gestes épileptiques, c’est le guitariste qui sort son archer, c’est attendre encore et toujours Hopper, c’est le bar bondé et ne plus rien y voir, c’est faire la gueule parce que MERDE, c’est la pause et notre squatt tout devant la scène, ce sont les autocollants ramassés, ce sont les photos et les vidéos, c’est chanter et sourire, c’est le jeu de Jean et l’allure timide de Marc. Marseille avec elle, c’est récupérer les affiches, ce sont eux qui nous reconnaissent, c’est la tradition des dédicaces dessinées, c’est mon nouveau badge, c’est Jean qui se rappelle du Steph/Stef, c’est le cd de Kami offert, ce sont les aux-revoirs à regret, c’est la nuit noire et les rues désertes descendues à toute allure. Marseille avec elle, c’est rejoindre le Vieux Port à 3h du mat’, ce sont les gens louches partout, c’est rencontrer un Samuel bourré et déprimé, c’est le trip du mec-pas-mal, c’est le lâcher en courant, c’est rentrer dans un hôtel, c’est chercher le Troley, c’est tester la plupart des bars de la rue, c’est squatter dans le dernier désert, c’est l’Américain à 4h et mon COCA, c’est la normalité de Marseille, c’est elle qui somnole et les filles à côté avec leurs shots roses, ce sont les toilettes dans le noir, et c’est le matin qui arrive. Marseille avec elle, c’est regagner le métro à 5h30, c’est trouver un café ouvert, c’est se faire surprendre par Daffy & co, ce sont les tonnes de croissants, c’est l’agression et les verres qui volent, ce sont les caricatures de métalleux à coups de carte Monoprix, c’est le froid de février, et c’est la station de métro à la déco de galets. Marseille avec elle c’est une matinée entière à la gare, c’est le Mc Café et les carottes, c’est m’endormir et rouvrir un œil sur Jean, c’est retrouver Hopper par surprise, c’est Marc qui essaie de dormir, ce sont les cds offerts par Aurélia et Dorothée, c’est Jean et son ukulélé, c’est l’improvisation avec Steph sur les paniers à frites, et c’est leur départ pour Paris. Marseille avec elle, c’est la dernière pause clope, ce sont les dernières photos, c’est chercher désespérément une prise pour son portable, c’est la chieuse des toilettes, c’est l’accompagner à son TER, et c’est la hâte de la semaine suivante. Marseille avec elle, c’est la normalité qui nous poursuit et c’est notre invincibilité. Marseille avec elle, c’est juste nous et le reste du monde.


[ PHOTOS HOPPER ]

samedi 16 février 2008

"DESPITE ALL MY RAGE, I’M STILL JUST A RAT IN A CAGE"


Mercredi 6 février, gare de Lyon. Rapides retrouvailles avec Papaye en haut des escalators. M’éloigner de la gare à grand pas dans la nuit profonde. Les pelouses couvrantes de Bercy qui se profilent. Emotion souvenir. Images Indochinoises qui reviennent en mémoire. Les marches presque désertes. La douce agitation. La courte file tranquille. Un dernier muffin aux myrtilles. Quelques coups de téléphone, une dizaine de minutes, et mon compagnon de soirée qui se détache des arbres.

Billets passés électroniquement. Le merchandising florissant. Et la salle pratiquement vide devant nos yeux. 19h30.

Le côté droit pour une fois. La scène étrangement avancée. Bercy étonnamment dépeuplé. Le bois sur le sol. Les gens éparpillés. Discussions musicales. Concerts. Souvenirs. Envies.

Un peu plus de 20h. Les lumières qui baissent. Puggy pour commencer la soirée. Les yeux dans le vague et les pensées qui s’envolent. M’échapper pour passer le temps, sur fond musical lointain.

Lumière. Excitation. Noir.

Sur la pointe des pieds. Les yeux qui guettent le moindre mouvement. Et Billy Corgan sur scène. Le cœur qui chavire d’essayer d’y croire. Charisme impressionnant. Un être venu d’ailleurs. L’alien et ses compères en face de moi.

2h40 hors du temps. 27 chansons de montagnes russes. Voyage dans l’espace. Les baguettes de Jimmy qui résonnent jusque dans le ventre. L’intimité des acoustiques. La voix si caractéristique qui nous entoure. Les lumières colorées qui caressent la robe argentée, les costumes rouges et noirs. Les cordes en prolongement de ses mains. Les sonorités magiques.

Aucun relâchement. Ma bouche bée la plupart du temps. Hypnotisée. Emportée. Charmée.

Le plus hallucinant. Le plus bluffant. Le plus captivant. Le plus impressionnant. 2h40 inoubliables. Uniques. Inexplicables.


Les Smashing Pumpkins. Un mot. Un seul. Qui revient sans cesse. ENORME.

[...]

Un bar face à Bercy. Ben’ en face de moi. A ma gauche, un Florian, un Benoît, et une jolie blonde aux lèvres rouge sang. A ma droite, un Drew à l’accent d’outre-manche, et sa jolie brune. Une tournée offerte. Leurs ‘Enchanté’. Des phrases qui font rire intérieurement. Des piercings communs. Des phrases qui mêlent anglais et français. Une situation décalée et inattendue.

Les derniers métros. Le trop chouette petit studio. Retrouvailles avec les affiches, photos, piles de bouquins, étagères de cds, rangées de dvds. Et Roxy.

Le reste des garçons qui nous rejoignent. Crêpes banane-Nutella pour accompagner le poker, et les vidéos clips plus ou moins connus.

Se glisser dans les draps bien tardivement. Entourée de Brian, Stefan, Billy et autres compagnons de nuit.

[...]

Deux jours plus tard, quitter l’appartement vide pour le Zénith. Une journée d’attente au milieu d’un public particulier. Faire la queue avec mon converti. Retrouver les têtes connues. Un passage au Mc Do et au retour, des mots qui font plaisir, et la déception de la veille qui s’envole. Les 15h30 tant attendue. Le groupe que nous formons sur la gauche. Raph’ et Ben’ qui nous rejoignent. Changement de plan, traverser la foule, rejoindre l’autre côté, les backstages. L’attente sur le trottoir, Pauline qui arrive, le faux Jared, les discussions, les fous rires, le temps qui passe. Passer enfin les grandes portes, grâce à eux. Nous retrouver le long du mur, et les minutes qui défilent, la soirée qui s’approche, et nous toujours dehors. Les 18h qui arrivent, du mouvement, les portes et les couloirs de l’arrière du Zénith, le vide intimidant de la fosse devant nous et les vigiles qui nous guident vers les gradins. Les yeux fixés sur la scène, petites silhouettes qui s’en détachent, From Yesterday qui nous accueille. Quelques marches à monter, eux tout près de moi. A Beautiful Lie qui suivra. Quelques mots de Jared, sa demande à propos de la chanson suivante, nos cris, plusieurs titres du S/T qui fusent, Oblivion qui sort du lot. Rires sur notre accent, et puis les premières notes en acoustique. Souvenir de l’Elysée Montmartre, et d’un coup sans trop croire, le son lourd et nos cris de joie. Tomo sur une chaise, sa jambe blessée tendue devant lui. Notre enthousiasme pour le guitariste prodige. Jared vexé sous sa capuche. Quelques secondes seulement, et la sécu qui nous pousse vers la sortie. Résister, profiter, traîner les pieds, gagner seconde par seconde les notes de la chanson inespérée. Et puis le noir, et l’extérieur du Zénith.

[...]

Les premiers rangs avec Papaye, sur la gauche de la scène. SOMA pendant 20 minutes qui agite quelques groupies de 14 ans, et puis l’électro de Full Duplex qui nous fait nous demander ce qu’on fait là.

Un rideau blanc devant la scène. La pression qui monte. Et O Fortuna qui remplit le Zénith et éclipse tout le reste. A Beautiful Lie dans l’ordre, un bout de Pressure, et Buddha en rappel pour un peu plus d’une heure de show martien. Pas de grosse surprise. Setlist écourtée, Capricorn, Oblivion et d’autres supprimées. L’excitation du concert plein le cœur et le corps, mais malgré tout une légère déception. Ne pas avoir ressenti la magie qu’ils peuvent transmettre. Impression de ne pas avoir vraiment vu "mes" Thirty ce soir.

[...]

Et puis le week-end parisien, Papaye, la Défense, le Toys’r’us, William et Marine, les bruschettas, le Starbucks, le cappuccino au caramel, le métro, Raph’, la Fnac Digitale, Norky, les Mac, les câlins, le Mc Do, les photos, le Pizza Hut, le serveur pas douée, les erreurs de commande, les oublis, la grande pizza partagée, les fous rires, la fraîcheur de la nuit, les affiches décollées, la photo de Nanie-versaire, le premier appel, sa surprise vécue en direct, les heures de sommeil réparatrices, les premiers au revoir, nos retards à tous, Raph’, Pauline, la billetterie automatique, mon retour, les réducs, de nouveau un Starbucks, et Norky le petit dernier, la toute petite table, les yeux dans les yeux, mon wristband à son poignet, le labello rose, la soirée qui file, le dernier voyage en métro, la Gare de Lyon, les derniers aux revoirs sur le quai, ma tête contre la vitre et les yeux fermés sur leurs visages. Souvenirs en forme de sourires.


The Smashing Pumpkins : Porcelina of the vast oceans / Behold! The nightmare / Brind the light / Tonight, tonight / Mayonaise / Try, try, try / Superchrist / (Come on) Let's go! / Stellar / Perfect / Lily / The rose march / Today / Tarantula / Stand inside your love / Ava adore / Drown / Bullet with butterfly wings / 1979 / That's the way (my love is) / My blue heaven / The everlasting gaze / Cash car star / Daydream / Wound / United States // Don't mind / Cherub rock.

30 Seconds to mars : Attack / A beautiful lie / The kill / Was it a dream / The fantasy / Savior / From yesterday / The story / R_Evolve / Under pressure / A modern myth / Battle of one / Hunter // Buddha for mary.


[ PHOTOS SMASHING PUMPKINS ]

[ PHOTOS 30STM ]

mercredi 12 décembre 2007

"N'AVOIR JUSTE QU'UNE ENVIE, RESTER LA VIE EN L'AIR"


Mardi 20 novembre.
10h00. Les doigts agités sur le clavier. Bug. Panique générale. Résignation intérieure.
11h30. Une place dans mon panier. Mail de confirmation. J'y serais.

Vendredi 30 novembre.
15h00. La Poste. File d'attente. Recommandé. Billet bleu. J'y vais.

Dimanche 2 décembre.
11h01. Corail teoz. La rejoindre dans sa voiture. Maquillage et tatouage. Un mois à rattraper.

Toulouse Matabiau. La gare et le hall. Pause clope. Métro, changement, Ramonville. Coin désert. Excursion rapide entre les broussailles. Wild, voiture, son chez-lui. Leur plat de pâtes, le gâteau au chocolat, les verres de thé glacé. La terrasse au soleil, la piscine, et les canards.

Retour en ville, les rejoindre. La Prairie des Filtres. Pauline dans mes bras. Photos. Les arbres, l'eau, les rochers. Polaroïds. L'air frais. Les rues toulousaines. Les laisser rentrer pour mieux les retrouver plus tard. Un café au chaud. La nuit tombé, le froid, errance aux doigts gelés. Totom et la crêperie. Et leur retour. Rires et photographies. Bonheur instantané immortalisé. De nouveau la nuit, les rues et le froid. Et l'Ancienne Belgique, qui résonnent à nos oreilles indochinoises et doublement aux miennes. Goût de cerise. Dédicaces improvisées sur sous-verres personnalisés. Puis se quitter, pressés du lendemain. Retour chez lui, l'escalier de bois qui craque et la chambre de geek. Le coucher que l'on retarde mais le sommeil qui nous gagne.

Réveil difficile. Gagner la salle de bain en laissant leurs yeux fermés. Douche qui réveille doucement. Les rejoindre dans la pénombre et profiter encore un peu du lit. Et puis ses doigts sur les touches blanches et le réveil en musique. La hâte du soir-même aux notes du Troisième sexe. Petit-déjeuner au chocolat, peinture sur porcelaine et souvenirs du Japon.

Ramonville. Camille croisée sur la route. Le Bikini. 10h30. Eux trois et les dizaines de personnes déjà là. Le ciel rempli de nuages. Les fines gouttes d'eau qui tombent par moment.

Et une nouvelle journée d'attente. Retrouver nos habitudes et cette ambiance particulière, unique. Les visages connus, les remontées de la file, les Dragibus, les photos, les chansons, les souvenirs échangés, les coups de téléphone, les rires, les moments tous ensemble.

Nos hommes chargés du shopping. Reviennent les bras chargés de nourriture et des dvd trésors du jour. Le plastique arraché, l'autocollant conservé, et le bout des doigts qui se promène sur le carton. Indochine. Alice & June Tour. Le cercle qui rayonne de son rouge. Découvrir délicatement le boitier intérieur. Feuilleter le livret avec une précieuse légèreté. Un gamin au matin de Noël. J'en suis tombée amoureuse sans même l'avoir encore visionné.

Retour à la réalité. Les allers-retours à la voiture fleurie. L'appareil photo de rêve de Camille. L'attente derrière le grillage. Le passage à l'hôtel et les affaires empilées dans le sac. Jeff les bras nus. Les dizaines de minutes et les discussions passionnées avec Alain. Les chaussures pleines de boue pour les apercevoir derrière les lointaines vitres. Notre groupe qui s'agrandit au fil des heures. Les bracelets phosphorescents de Bercy. Son apparition surprise et le thermos de café. Les mains qui se réchauffent autour des gobelets. Le liquide brûlant et sucré au fond de la gorge. Notre harcèlement pour qu'il se joigne à nous. L'Aventurier nouvelle version et Sirka au téléphone. Le panneau publicitaire Echelon que je suis, emporté par Thirty qui sort de son portable. Deux voix de plus sorties de la foule, pour nous accompagner sur une ou deux chansons.

19h30 et la tension entre les rangs serrés. Entrée en petits groupes. Avancée dans le calme, pas de poussée. Notre tour. La place fétiche déchirée en deux, un coup d'oeil aux nouveaux produits promis, et la salle. Notre groupe en cercle sur le sol. Retour rapide aux merchandising pour le t-shirt spécial de ces cinq étapes. Les ballons colorés qui volent. La musique de fond différente. CSS. Et puis les notes qui résonnent en nos têtes comme le signal de tout. Les mains qui tapent. Impatience latente. On y est.

Belle et Sebastiane qui nous accueillent. Ceremonia qui suit et remplit la salle. L'univers des deux jeunes filles qui s'égrenne en musique. Les frissons sur la peau aux mêmes passages. Les phrases-clefs qui tournent la serrure du coeur. Les notes qui chatouillent le fond du ventre. Le plaisir toujours là pour certaines. Les quelques-unes qui manquaient depuis Montpellier. Les trop-entendues mais qui font ausi la magie de tout ça. Les jeux de lumières qui font sourire les yeux de fierté. Les couleurs qui flottent au-dessus de nos adorés.

Quitter le monde d'Alice & June le temps du Club Paramount. Garder le cap les doigts en l'air en accompagnant les Trois nuits par semaine. La surprise totale en montant Sur les toits du monde. Les cris de joie aux sons de Rock'n'Roll Queen et Spin me round. Et une fois de plus Talulla qui sonne la fin. La pression sur mon dos. A droite. A gauche. La barrière qui s'approche. Mes yeux vers la scène. Capter les dernières secondes. Jeff aux côtés d'Oli et nos cris pour lui. Une seconde plus tard, la tension qui redescent à mesure que la lumière blanche nous entoure. Les dernières notes vibrent encore dans nos oreilles, souvenirs irréels. Scène vide. Piano esseulé. C'est fini.

L'air frais à l'arrière de la salle. Nos visages derrière le grillage. L'agitation sur le parking. Tuer le temps et garder en mémoire. Photos. Vidéos. Des coups d'oeils vers l'intérieur. Lumières et mouvements incessants. Espoir. Les courageux dans le froid de moins en moins nombreux. Le portail et nos yeux qui s'ouvrent et se ferment à chaque passage. Nicola qui passe trop rapidement. Le code en cadeau. Le froid qui nous gagne. Une tentative échouée. Quelques silhouettes à l'étage.

Et les voilà. Une heure du matin, ou peut-être deux. Autour de la voiture. A quelques mètres. Oser entrer et nous approcher. Accueil souriant. Oli, Marco, Shoes, Boris, Matu. Juste pour nous. Trésor inespéré. Au bout de la dixième. Plus de quatre ans après le premier espoir. Entrer dans le rêve.

[...]

La voiture qui regagne l'hotel. Ma main sur son épaule. Nos sanglots liés. Dans mon sac, le polaroïd miraculeux qui cotoie le MERCI en lettres capitales, signé de leurs mains.


[ PHOTOS ]